Critique Emma, de Jane Austen

Cela n’est un secret pour personne : j’adore les romans de Jane Austen. Je l’avais pourtant laissée un peu de côté depuis quelques mois. J’ai profité de mes vacances pour me plonger dans Emma qui est souvent considéré comme étant son roman le plus abouti. Dans cette œuvre, Jane Austen manie à merveille l’ironie et le second degré et nous livre une histoire beaucoup plus complexe et intéressante qu’elle ne pourrait paraître l’être au premier abord.

L’histoire est la suivante : Emma est orpheline de mère et vit avec un père dont la santé n’est pas toujours au beau fixe. Malgré ses 21 ans, elle est déjà la maîtresse de maison en titre. En effet, sa grande sœur est mariée il y a quelques années et son ancienne gouvernante, Mlle Taylor vient également de convoler et a donc également quitté la maison. Certaine d’avoir contribué à cette union, Emma décide de jouer à l’entremetteuse avec ses proches encore célibataires. Si elle déclare à qui veut bien l’entendre qu’elle ne désire pas se marier elle-même, elle cherche à trouver un mari à son amie Harriet Smith… mais se heurtera à bien des obstacles et notamment à ses propres émotions amoureuses.

Nous restons dans un univers propre à Jane Austen et à l’époque où elle écrivait. Dans ce monde, l’une des préoccupations des jeunes filles était de faire de beaux mariages, soit trouver un bon parti. Bien entendu, chez Jane Austen, ces considérations financières sont toujours supplantées par les sentiments et les mariages d’amour, mis en avant.

Comme souvent, elle nous livre la critique de cette société provinciale de l’époque mais l’histoire est captivante grâce à la personnalité d’Emma, une ravissante et jeune héroïne. Elle a bien des défauts et, à cause de ses erreurs successives, peut franchement agacer. Si j’ai beaucoup aimé le roman, à mes yeux Emma est l’une des héroïnes les moins attachantes. Jane Austen semble sans pitié envers elle bien qu’une certaine bienveillance à l’égard de son personnage se retrouve quand même de ci, de là.

On peut également être marqué par le grand réalisme du roman qui s’attache à la vie quotidienne de cette petite ville de province. La nourriture et donc, les différents repas, y ont une place importante. Il n’y a rien de spectaculaire, juste des petits faits sans importance. Si la société mise en scène semble être en pleine mutation, la hiérarchie sociale est encore de mise. Nous avons les aristocrates, les nouveaux riches, les hommes obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins… Tout ce petit monde se mélange (mais pas trop quand même). Le statut social (et donc, l’idée de ne pas se marier avec quelqu’un d’inférieur socialement) est d’ailleurs bien ancré dans la tête d’Emma et souvent le point de départ de nombreuses erreurs.

J’ai beaucoup aimé Emma et j’y ai trouvé mon compte bien que l’histoire n’égale pas encore un Orgueil et préjugés qui restera, malgré tout, mon roman préféré de Jane Austen. Plus que Mansfield Park et j’aurais parcouru son œuvre !

Laisser un commentaire

CommentLuv badge