Critique Elles

La bourgeoise rangée vs les jeunes étudiantes prostituées. Voilà en gros ce dont il est question dans le film Elles. Juliette Binoche campe Anne, une journaliste quarantenaire qui vit dans un bel appartement luxueux. Si elle bosse pour un grand magazine féminin, elle n’a visiblement pas à s’en faire financièrement parlant : son mari (avec qui elle entretient des rapports plutôt froids) se charge de faire tourner la baraque.

Cette fois, Anne enquête sur la prostitution des étudiantes. Elle étudie deux cas, celui de Charlotte et d’Alicja. Ces deux jeunes femmes vendent leurs corps pour de l’argent et se tapent généralement des maris qui s’ennuient à la maison. Plus ou moins pervers. Plus ou moins beaux. Au fur et à mesure des interviews, Anne découvre un monde qu’elle ne connait pas. Un univers sombre, tourmenté et à la fois très sensuel. Ces jeunes sont jeunes, belles, désirées. Elle, on ne la désire plus depuis longtemps.

En somme, Elles s’intéresse presque plus au personnage d’Anne, une femme à la dérive qui n’aime plus vraiment son quotidien mais qui en connait le confort. Je pensais en savoir plus sur ces deux étudiantes mais elles restent finalement accessoires. Ou du moins, leurs histoires pousse Anne à considérer le vide et le manque d’intérêt de sa propre existence. Pas très intéressant au final. De ce personnage découle d’ailleurs une image de la prostitution que j’ai trouvé un brin idéalisée.Je me trompe peut être que je me demande si Anne n’envie pas les deux jeunes femmes, malgré tout leurs problèmes.

De plus, j’ai l’impression que la réalisatrice a voulu choquer les spectateurs mais m’étant un peu intéressée à ce thème par le biais de lectures diverses, j’ai lu des choses bien plus choquantes, bien plus dérangeantes et j’ai été perturbée par certains points.. alors que le film m’a laissée, si je puis dire, de marbre (ou presque).

En somme, Elles est un film audacieux avec des mots et des images souvent très crus mais le discours se veut un peu trop intellectuel pour vraiment coller au sujet. Je pense à toutes ces scènes dont on ne comprend pas l’intérêt comme quand Anne se masturbe dans les toilettes ou quand elle rêvasse devant la dizaine de coquilles St Jacques qu’elle est en train d’ouvrir ou devant le frigo qu’elle contemple de longues secondes. Okkkkkk mais encore ? Encore un bel exemple de film-prise-de-tête qui veut se donner un genre et nous faire penser « toi, si t’as pas compris les métaphores, c’est que t’es juste un demeuré et puis c’est tout ».

Certes, ça se regarde sans mal malgré tous ces points négatifs mais Elles ne laissera pas de souvenirs marquants dans mon petit crâne. Heureusement, le trio de comédiennes tient vraiment la route.

2 comments

  1. auroreinparis says:

    J’ai recemment vue Binoche dans un film marquant … Celui-ci est sorti quand ? Ca m’a l’aair d’un film moitié bavard, moitié intello caviar … Je sais pas si c’est assez naturel pour moi.

  2. petiteconne says:

    J’ai oublié de mettre la date en effet. Il est sorti en février 2012 donc il y a plus d’un an.

    J’ai lu ta critique sur Claudel mais je pense que je le verrai plutôt en dvd… déjà pour la simple raison que j’aime aller au ciné en amoureux ou avec des amis et je pense pas trouver quelqu’un qui soit intéressé par un film tel que celui là. Mais j’ai bien envie de le voir! Je pense que Juliette Binoche y a un rôle beaucoup plus intéressant que dans Elles…

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