Critique La Dramaturge, de Gaëlle Magnier

Gaelle Magnier n’est autre que la blogueuse qui officie sur Pause Earl Grey. Certes, son activité bloguesque n’a que peu de rapport avec son travail d’auteure (quoi que !) mais il me semblait quand même important de le mentionner ici car vous connaissez peut-être son blog. D’un autre côté, si vous connaissez son blog, vous savez certainement qu’elle a écrit un livre, paru aux éditions Gloriana en décembre 2017 et donc, vous avez fait le lien (et ce paragraphe ne vous servira à rien du tout ^^).

Superbe la couverture, non ?

Résumé éditeur

Aidan Taylor rêve d’écriture et de théâtre. Son ambition ? Devenir dramaturge. Mais sa condition de femme constitue un réel obstacle face aux directeurs qu’elle sollicite pour produire sa pièce. Prête à tout pour vivre son rêve, elle n’hésite pas à sauter le pas et à troquer ses robes contre un pantalon et une redingote, dans le but d’être traitée de manière équitable.
Dorian Swanson est, quant à lui, un jeune dandy mélancolique poursuivi par ses propres démons. Sa dernière chance ? Prendre la direction du théâtre familial afin de prouver ses capacités à son père.
Entre aspirations et provocations, Aidan et Dorian vont devoir faire face aux caractères affirmés des comédiens de la troupe de l’Orpheus et aux conséquences de leurs agissements.
Aidan saura-t-elle choisir entre la passion et l’ambition ?

Mon avis

Ahlala, être une femme et tenter de survivre (et de réussir !) dans un monde d’hommes : voilà bien un thème qui a été souvent exploité mais qui fonctionne à chaque fois. L’héroïne de ce roman, Aidan, s’inscrit donc dans la lignée de ces femmes audacieuses qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes plutôt que de se résigner. Armée d’une solide confiance en elle et sans doute, d’un grain de folie, notre fille de tailleur ne va pas hésiter à aller démarcher les directeurs de théâtre. En femme, d’abord, puis en homme histoire d’acquérir un peu plus de crédibilité.

En face d’elle, LE personnage masculin du roman : Dorian. De condition sociale supérieure, désenchanté et à la dérive, ce dernier s’est récemment vu confier les rênes du théâtre familial. De par son histoire, sa vision de l’art et son anticonformisme (dans bien des domaines), il n’a rien du directeur classique, campé sur ses positions et fermé à la nouveauté. C’est lui qui saura donner sa chance à la jeune femme. Bien sûr, s’il sait apprécier le physique androgyne de son nouveau dramaturge, il ignore qu’une femme se cache derrière le déguisement.

Autour d’eux, l’auteure a bien évidemment imaginé toute une galerie de personnages secondaires. Le cercle familial d’Aidan, et notamment un de ses frères (un personnage que j’ai beaucoup aimé), est particulièrement important dans l’œuvre et rend l’histoire d’autant plus touchante. Et si les choses sont un peu plus compliquées du côté de Dorian, la figure du père reste également majeure (puisqu’il surveille de près son fiston). Bien sûr, n’oublions pas la troupe du théâtre avec laquelle nos deux héros doivent composer. Ses différents membres sont, d’ailleurs, tous plus ou moins sympathiques…

Il est évident, au cours de la lecture, que Gaëlle Magnier connaît très bien l’époque qu’elle évoque. L’auteure prend en effet la peine de placer son histoire dans un contexte particulier avec subtilité, et sans jamais trop insister.

Vous savez que je déteste une chose : quand les auteurs se sentent obligés d’être lourdingues pour bien prouver qu’ils savent de quoi ils parlent. Là, c’est fait par petites touches. On nous parle d’un tableau, d’un courant artistique, d’un accessoire de mode, d’un fait politique ou social. C’est toujours amené avec naturel, bref et intéressant. J’y ai été particulièrement sensible car j’adore cette époque.

….Bien sûr, il y a également quelques bémols et vous m’auriez peut-être accusée d’un manque d’honnêteté si je ne les avais pas soulevés car vous savez que je connais (virtuellement du moins ^^) l’auteure de ce roman.

Il est vrai qu’étant donné le thème, on aurait pu attendre un peu plus de ce roman dans le sens où tout ce qui touche à la condition féminine aurait pu être plus poussé, plus approfondi. J’aurais aimé qu’Aidan ait des modèles féminins auxquels s’identifier clairement. Côté intrigue, on aurait pu attendre un peu plus d’obstacles, on aurait pu espérer que les choses se déroulent un peu moins « facilement » dans la dernière partie où, peut-être, tout s’arrange un peu trop vite au vu des complications de départ. Mais on peut également choisir de voir en La Dramaturge, un roman divertissant, léger comme une pièce de théâtre et dont les dialogues sont toujours bien écrits. Et puis comment reprocher à un auteur de vouloir offrir une fin parfaite à ses personnages ? Pour terminer, de temps en temps, j’ai noté quelques lourdeurs dans la narration, quelques répétions mais rien de grave. Surtout qu’en parallèle, il y avait aussi beaucoup de passages fluides et bien écrits.

En quelques mots,

Je ne sais pas si on peut dire que La Dramaturge est une romance car le roman brasse bien d’autres sujets que l’amour, même s’il reste central, vous l’aurez deviné. J’ai trouvé qu’il offrait un joli voyage dans le Londres victorien et s’il comporte quelques défauts inhérents à un premier roman, il prouve clairement que l’auteure est capable de créer un véritable univers, un monde particulier au sein duquel elle met en scène ses personnages avec brio.

10 comments

  1. A-Little-Bit-Dramatic says:

    Eh bien, tu piques ma curiosité ! ! J’avais peur que ce roman soit une pure romance et, même si j’aime bien de temps en temps, ce n’est pas forcément un genre vers lequel je vais me diriger spontanément…Alors que là… Visiblement, c’est un roman beaucoup plus fin et nuancé, un vrai roman historique, avec un personnage fort qui se démarque, en plus…Tout pour me plaire…
    Je vais peut-être m’y intéresser plus sérieusement, alors. 😉
    A-Little-Bit-Dramatic Articles récents…The Rose Saga, tome 3, L’Indomptable ; Jennifer DonnellyMy Profile

    • Audrey says:

      Je te comprends, je ne suis pas une grande fan de romances pures et dures non plus. J’aime qu’il y ait une histoire d’amour mais j’aime aussi qu’il y ait une vraie intrigue autour !

  2. bea285/ L'ancre littéraire says:

    J’ai entendu parler de cette maison d’édition avec le coup de pub que tu as fait à l’auteur. Et je serais curieuse de découvrir une ME qui fait des romances historiques. C’est un de mes péchés mignons littéraires (et tu dois le savoir). Mais en lisant les premières pages proposées gratuitement j’ai eu un peu peur de ne pas accroché à la plume. Ce qui m’arrive très rarement dans ce genre la. Donc j’hésite. En même temps tu as un retour dans l’ensemble positif. Les fins trop rapide sont courantes en romance pour les 1res romans. A essayer.

    Ps: Je te souhaite au passage une très bonne année. 🙂

    • Audrey says:

      Je ne connaissais pas cette maison d’édition mais j’ai l’impression qu’elle est prometteuse. A voir ce que valent leurs auteurs mais leur collection Historia me fait quand même de l’œil. Oui je sais bien que tu es férue de romances historiques et de ce fait, je ne sais pas si La Dramaturge pourrait te convenir. Elle risque de te laisser sur ta faim sur certains points. Moi j’en lis finalement très peu. Quant à la plume, c’est une affaire de goût, c’est sûr. Il m’est récemment arrivé de ne pas terminer un roman car je l’ai trouvé très mal écrit… Un mois plus tard, j’en découvrais une critique dithyrambique sur un blog que je suis régulièrement. Du coup c’est compliqué de se prononcer. A voir s’il sort en poche, peut être 🙂 Merci et bonne année à toi aussi !

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