Critique Dis moi que tu mens, Sabine Durrant

Publié en mai 2017 aux éditions Préludes, le roman Dis moi que tu mens est écrit par Sabine Durrant, auteure britannique et ancienne directrice littéraire du Sunday Times.

De quoi ça parle ?

Dis moi que tu mens est un thriller psychologique. Son personnage principal est Paul Morris. Élégant, plutôt beau, il a la quarantaine. Sa spécialité ? Le mensonge ! Après s’être vanté pendant 20 ans d’une carrière littéraire  florissante (à peine esquissée et déjà terminée), il a prit l’habitude de s’inventer une vie, des projets, une réussite mais ne fait en réalité rien de son existence et vit constamment aux crochets des autres. Un jour, par le plus grand des hasards, il croise Andrew, une vieille connaissance. Il ne leur en faut pas plus pour renouer et Paul fera très vite la connaissance de Tina, la femme de son ancien ami de fac et surtout d’Alice, une veuve qui n’a pas l’air insensible à son charme. De fil en aiguille, tout ce petit monde va quitter Londres pour la Grèce, le temps de petites vacances pas si idylliques que ça.

Mon avis

Dis moi que tu mens aurait très bien pu s’appeler « Chronique d’une chute annoncée » tant il prend des allures de machine infernale prête à broyer son héros. Dès les premières pages, on sait que les choses se sont mal goupillées pour Paul cet été là mais on ne sait pas comment, ni pourquoi. Le style de l’auteur, très accrocheur, nous happe dès les premières pages et nous plonge dans une histoire étonnante et riche en surprises.

Attention cependant, les mauvaises langues (ou les lecteurs ayant tout simplement toqué à la mauvaise porte, ce qui nous est déjà arrivé à tous) pourront se plaindre qu’il ne se passe pas grand chose dans ce roman. Et d’une certaine manière, c’est assez vrai. C’est un thriller mais il n’y a finalement que peu d’actions, pas de violence, pas de scènes ultra stressantes, juste une tension croissante et des indices disséminés, de ci, de là, qui nous donnent envie de tourner les pages et d’en savoir plus, tout simplement.

Certes, le héros de Sabine Durrant n’est pas forcément très sympathique. Il est opportuniste, nombriliste, profiteur à un niveau que vous n’imaginez même pas. Il est radin (forcément,vu qu’il n’a un centime en poche même s’il veut faire croire le contraire), séducteur sans cœur et surtout, il prend les gens pour des cons. Bon. Malgré tout, le suivre dans ses aventures londoniennes et grecques a été un vrai plaisir pour moi car il reste un personnage charismatique à sa manière (du moins, susceptible de me plaire mais il vous agacera peut être ?). Oui, il a vraiment quelque chose de minable et de pathétique qui me l’a rendu sympathique, un sentiment d’autant plus fort que nous découvrons la vérité en même temps que lui. C’est un peu comme si nous étions toujours dans son dos, regardant le monde par ses yeux ahuris, sans vraiment comprendre, tout comme lui, ce qui se trame.

En quelques mots,

De la pluie londonienne au soleil écrasant de Grèce, Sabine Durrant nous propose un roman addictif aux multiples facettes. Thriller psychologique, peinture de la bourgeoisie bobo britannique VS Paul (seul personnage à être issu d’une classe moyenne), roman de vacances (très agréable de plonger dans les paysages et l’ambiance grecque, on s’y croirait !), Dis moi que tu mens nous invite également à réfléchir sur le poids de nos actes et de nos mots, jamais aussi insignifiants qu’on voudrait bien le croire !

Je n’en dirais pas plus : pour connaître le pourquoi du comment, je vous invite à découvrir ce roman sans tarder !

4 comments

    • Audrey says:

      J’aime bien les éditions Préludes, j’ai envie de leur accorder plus d’attention et j’ai déjà vu quelques autres titres que je m’offrirai dans les mois à venir !
      Je pense qu’il pourrait te plaire oui, le style est agréable, accrocheur et puis on se prend au jeu !

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