Critique Un deuil dangereux, Anne Perry (tome 2 des enquêtes de William Monk)

Deuxième livre dévoré lors de mes vacances romaines ! Je l’ai lu dans le cadre du déstockage de PAL en duo.

En septembre, je vous parlais de mon coup de cœur pour le premier volume des enquêtes de William Monk. Un deuil dangereux est le second. Contrairement aux enquêtes de Thomas et Charlotte Pitt, les enquêtes de William Monk se lisent dans l’ordre. A ma grande surprise, j’ai en effet constaté que le procès concernant la première affaire (donc l’histoire du volume 1) est évoqué de manière relativement conséquente au début du volume 2. Du coup, si vous n’avez pas lu Un étranger dans le miroir, vous risquez d’être pas mal perdus !

109370149_oRésumé

Décembre 1856, Londres. William Monk et son équipier, le sergent John Evan, enquêtent sur la mort d’Octavia Haslett, fille de l’éminent Sir Basil Moidore. Veuve depuis deux ans mais habitant chez ses parents, elle a été retrouvée poignardée dans sa chambre. Selon la thèse officielle, ce meurtre aurait été commis par un cambrioleur de passage mais Monk sait bien que les choses sont toujours plus compliquées qu’elles n’en ont l’air… et attaquer de front une famille huppée ne lui fait pas peur !

De son côté, Hester vient de se faire renvoyer de l’hôpital où elle travaillait pour avoir osé contester les décisions du médecin. Sautant sur l’occasion, Monk s’arrange pour lui fait intégrer la maison Moidore en tant qu’infirmière particulière. Hester va pouvoir enquêter de l’intérieur et lui offrir une aide non négligeable.

Mon avis

Rappelez-vous : dans le premier tome, Monk enquêtait aussi bien sur l’affaire Grey que sur son propre passé et tout ça, avec la pression terrible que faisait peser sur lui un supérieur arrogant et agressif. Monk, alors décrit comme un homme froid, faisant toujours passer la raison avant les émotions, s’était alors rendu compte que pas grand monde dans son entourage ne l’appréciait… Mais le personnage m’avait touchée quand même.

Dans ce nouveau tome, l’enquêteur est toujours bien perturbé par son amnésie mais nous, lecteurs, commençons à un peu mieux le cerner et même, à nous prendre d’affection pour un homme passionné par son métier, profondément humain et empathique, courageux et sans concessions. On sent assez vite que son caractère explosif est similaire à celui d’Hester, l’infirmière revenue de Crimée, et l’on comprend bien que les deux personnages sont vraiment faits pour s’entendre. Anne Perry s’amuse d’ailleurs à alterner les scènes de totale entente mutuelle avec des scènes où nos deux protagonistes s’agacent mutuellement.

Entre amour (légèrement) naissant et confrontations intellectuelles pleines de verve….

Concernant l’enquête en tant quelle, Anne Perry la pousse jusqu’aux toutes dernières pages, comme toujours. Je vous passerai les détails sur les différentes pistes empruntées par nos enquêteurs mais l’histoire est riche en rebondissements et les personnages, finalement assez nombreux si on compte la famille et les domestiques, permettent de donner de l’épaisseur à une intrigue qui m’a vraiment tenue en haleine jusqu’à la toute fin.

En plus de l’enquête à proprement parler, Anne Perry nous donne un aperçu plutôt complet et passionnant de la société victorienne des années 1850. On sent plus que jamais que l’époque est synonyme de changements, que la lutte des classes est en marche et que les mouvements féministes commencent à pointer le bout de leur nez… J’aime tout particulièrement le personnage d’Hester. Cette femme de poigne, loin de tous artifices, s’était engagée en tant qu’infirmière en Crimée et en est revenue avec un point de vue bien différent de la version officielle qui tend à faire croire que les combats étaient nécessaires pour la gloire et le renom de la société britannique.

Un feu couve et Hester sera de celles qui souffleront sur les braises…

Vous l’aurez compris, Un deuil dangereux a été une lecture extrêmement agréable pour moi. Du Monk, j’en redemande, encore et encore ! Et ça tombe bien, car j’ai le tome 3 qui m’attend déjà ! 

 

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11 comments

    • Audrey says:

      C’est beaucoup moins brutal je trouve ! Mais c’est quand même beaucoup plus abrupte que dans la plupart des romans policiers (historiques ou pas) que j’ai lu jusque là… Je crois que c’est vraiment le genre d’Anne Perry.

      Je n’ai lu que deux William Monk mais là, elle reprend un peu de l’intrigue du premier pour en parler dans le second donc on a quand même un léger suivi par rapport à la fin du premier tome. Par contre, je ne sais pas si c’est systématique !

        • Audrey says:

          Malheureusement toutes les fins des livres d’Anne Perry vont te laisser le même goût amer ! 🙁
          Mais on replonge facilement dans le tome suivant quand même ! ^^ c’est une addiction (au moins pour moi)

  1. manue says:

    Salut, déjà merci pour ton commentaire ! je ne connaissais pas ton blog, c’est donc vraiment une découverte !
    D’Anne Perry j’ai lu « Un noël à Kanpur » j’avais assez bien aimé ce roman, il faudrait que je lise autre chose d’elle pour vraiment me faire une idée et savoir vraiment si j’aime ou pas parce que j’étais quand même ressortit avec un avis un petit peu mitigé…

    Sinon pour les chair de poule, je pense qu’on en a tous lu étant gamin. Je suis contente de te faire te souvenir de ces romans 🙂

    A bientôt j’espère.
    Bonne fin de journée
    manue Articles récents…Neuvième interrogatoire.My Profile

    • Audrey says:

      Merci à toi d’être passée ici ! 🙂
      Je sais qu’Anne Perry publie chaque année une histoire qui se passe en hiver/à Noel mais je pense qu’il vaut mieux se pencher sur une de ses séries historiques pour se faire un bon avis ! Et puis c’est peut être pas ton truc après tout ! Mais moi je suis fan !

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