Critique Des nœuds d’acier, de Sandrine Collette

Moi qui ne gagne jamais rien, j’ai gagné un livre de poche au cours du mois de décembre. Il est arrivé le 31/12 chez moi et j’ai commencé l’année en le lisant. Plutôt court, il se dévore en quelques jours à peine. Je l’ai donc lu très vite. Malgré tout, j’aurais du mal à vous dire si je l’ai aimé ou pas. Je l’ai trouvé à la fois intéressant et trop sordide pour vraiment me plaire. Pourtant, le sordide, ça ne me fait généralement pas peur… Mais là, j’avais finalement hâte de le terminer tant c’était glauque.

L’histoire : Théo sort de prison. Il vient d’y croupir pendant 19 mois pour avoir démoli la gueule de son frère. Une histoire banale de tromperie. Sauf que Max est à présent à moitié débile, cloué dans un fauteur roulant. Pour changer d’air après la taule, Théo se casse dans un coin reculé. En pleine campagne. Au cours d’une randonnée, il va tomber sur deux frères, deux vieux cruels et apparemment bien décidés à faire de lui leur esclave. Des nœuds d’acier est le récit de son calvaire.

Le roman est construit comme un journal intime. Théo y parle donc à la première personne.

D’emblée, j’ai bien aimé le personnage de Théo. Pourquoi ? Parce qu’il est véritablement celui qu’on ne pense pas pouvoir prendre en pitié : à 40 ans, ce n’est pas un jeune premier, il n’est pas super vaillant et surtout, il est plutôt très antipathique dans ses mots et ses agissements. C’est vrai, il sort quand même de prison et a massacré son frère ! Et pourtant, on va vite s’attacher à lui et à maudire le mauvais sort dont il semble victime tant sa descente aux enfers est terrible.

La suite du récit se passe donc entre la cave (où Théo croupit la plupart du temps) et la propriété des vieux (leurs champ, leur jardin, la forêt…) où il travaille comme une bête. Ce n’est donc pas tout à fait un huis clos puisque notre héros sort à l’air libre et change de paysage mais notons que l’idée d’enfermement reste toujours présente : l’horizon de Théo, très limité, ne lui permet pas d’avoir le moindre contact avec le monde extérieur (personne ne le recherche, tout le monde se fout de ce qu’il devient).

A tout cela, ajoutons une violence physique (des coups en tous genres, des sévices terribles) et surtout une torture psychologique visant à tuer toute humanité en Théo. Dès son arrivée dans la cabane, il est appelé « le chien ». Déshumanisé, il n’est qu’une plaie vivante qui s’accroche à chaque journée juste pour « survivre » coûte que coûte. Le style de l’auteur est si réaliste et les situations auxquelles elle fait référence, finalement si ordinaires (dans le sens où on parle de choses concrètes : le travail physique, les repas, la faim…) qu’il est difficile d’être indifférent. Le tout sonne très vrai. On a l’impression d’y être. De ressentir ce que ressent Théo. …D’où une certaine nausée à la longue.

Bref, c’est bien écrit, c’est certain. C’est intelligemment mené mais finalement, c’est presque trop « plat ». On nous raconte le calvaire de Théo. Point. J’attendais plus de rebondissements en fait.

Des nœuds d’acier ferait un magnifique film d’horreur. Il m’a d’ailleurs fait penser à toutes les histoires de captivité que j’ai pu lire ou voir. C’est vraiment très très noir. Une lecture assez prenante, que je n’oublierai pas mais qui, paradoxalement, ne m’a pas convaincue à 100%.

5 comments

    • Audrey says:

      Je suis pas certaine d’en être super fan alors ! Des fois, c’est quand même un peu trop pour moi ! Pourtant, j’aime les histoires sombres mais quand c’est trop, c’est trop !

  1. Zofia says:

    Oui et puis il y a une façon de faire les choses, j’ai beaucoup de mal quand c’est gratuit, hors contexte. Et si c’est une scène difficile mais qu’elle est écrite dans un langage trop cru, ça me fait le même effet. Ce n’est pas facile de décrire des scènes choquantes sans en faire trop.
    Zofia Articles récents…Labyrinthe de Kate MosseMy Profile

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