Critique Démolition, Jean-Marc Vallée

J’ai découvert Jean-Marc Vallée en 2005 avec C.R.A.Z.Y. Puis j’ai vu Victoria : les jeunes années d’une reine, Café de flore, The Dallas Buyers club, Wild et enfin, Démolition sorti le 6 avril. Donc mercredi quoi.
Sans consistance, sans intérêt, sans finesse, stéréotypé, trop illustratif, trop démonstratif, niais… le film a été plus ou moins démoli (ahah ! ^^) par la presse mais moi je l’ai vraiment beaucoup aimé ! A se demander si on a vraiment vu le même film en fait !

191620Résumé

Banquier d’affaires, Davis a réussi dans la vie. Il vit dans une belle et grande maison avec Julia, sa femme. Le jour où celle-ci décède dans un accident de voiture, il n’arrive pas à la pleurer et reprend sa vie comme si de rien n’était (ou presque), à la stupéfaction de tout son entourage. Un jour, il envoie une lettre de réclamation à une société de distributeurs automatiques, puis lui adresse d’autres courriers où il livre des souvenirs personnels. Ces lettres sont lues par Karen, la responsable du service clients. Touchée, elle le recontacte en pleine nuit et une étrange relation se noue entre eux deux mais aussi avec Chris, le fils de Karen.

picture-of-jake-gyllenhaal-dancing-in-demolition-movie-photoMon avis

J’imagine que le personnage incarné par Jake Gyllenhaal peut étonner, voire mettre mal à l’aise.

Il faut dire que Davis est difficile à suivre. Alors que d’autres se seraient enfouis dans leur tristesse et leur traumatisme (d’autant plus que Davis était aux côtés de Julia au moment de l’accident), Davis semble totalement insensible au drame qui l’a frappé. Ses parents, ses beaux-parents sont aux abois mais il ne partage absolument pas leur peine. Quant à ses amis et bien… il ne semble tout simplement pas en avoir (étrange, d’ailleurs !).

La preuve de son pétage de câble ?

Le jour de l’enterrement, alors que les familles sont encore réunies dans le salon de ses beaux-parents, Davis est à l’étage…en train d’écrire une lettre de réclamation. Cette dernière sera suivie par quelques autres missives puis par un petit jeu entre lui et Karen, la destinatrice, qui le suit et l’espionne pendant un temps avant de se manifester pour de bon auprès de celui qui l’a fortement intriguée.

Drôle d’approche ! Oui, Karen est également une femme un peu étrange, pas très classique sans être l’excentrique de service non plus….

Avec une histoire qui commence ainsi, on peut s’imaginer un bon gros film bien larmoyant et/ou une histoire d’amour bien sirupeuse entre l’homme blessé et la femme un peu paumée. Sauf que, même si la relation entre Davis et Karen est un peu ambiguë, nous ne sommes pas en pleine romance pour autant. Démolition n’est pas une love story, pas plus qu’il n’est un film sur la mort et ce, même si ces thèmes sont évidemment intimement liés à l’intrigue. On ne sombre JAMAIS dans la facilité donc dans les bons sentiments ou dans le larmoyant et rien que pour ça, le film est une réussite.

Pas besoin de revoir sa filmo pour se souvenir que les films du réalisateur ont souvent une certaine dimension spirituelle. On suit des personnages (souvent torturés) dans leur cheminement vers une nouvelle forme de liberté et d’acceptation de soi. Étape après étape, ces mêmes personnages se libèrent de leurs démons intérieurs. Comme vous aurez pu le deviner, pour Davis, la libération passe par la démolition.

Ainsi, Davis va commencer par démonter son frigo pour s’attaquer à son ordinateur puis à plus gros encore : l’idée étant de se reconstruire en repartant sur de nouvelles bases. Mais sans renier son passé pour autant. Car rassurez-vous, Davis n’est pas un gros enfoiré heureux d’avoir perdu sa femme et prêt à l’oublier en un claquement de doigts.

Pour terminer, je dois dire que j’ai également beaucoup aimé le personnage de Judah Lewis, l’ado de Karen qui m’a forcément fait penser à CRAZY (du même réalisateur). Même univers rock (et Bowie), même personnage d’ado androgyne en quête de son identité sexuelle… L’acteur de 16 ans est absolument magnétique et j’espère qu’il va continuer à trouver des rôles à le mesure de son talent.

234305.jpg-r_640_360-f_jpg-q_x-xxyxxJake Gyllenhaal (excellent, comme toujours !), Naomi Watts et  Judah Lewis n’interviennent pas au même niveau dans le récit mais apportent tous leur talentueuse contribution à un film que j’ai trouvé surprenant, très touchant et à la fois très simple. Je ne vois pas ce qu’il y a de superficiel ou de niais dans cette histoire que j’ai trouvé sincère et plutôt bien construite. Tous les pièges que je craignais ont été évités ! Je vous le conseille donc sincèrement ! 

6 comments

    • Audrey says:

      Oui c’est Naomi Watts.

      Pour moi CRAZY a été une vraie claque à l’époque ! 2A mes yeux, c’est le Jean Marc Vallée le plus sincère, ou du moins celui qui parait le plus personnel !

      Celui avec Leto/Matthew McConaughey est également inoubliable. Je l’ai vu dans des conditions pourries (dans l’avion) mais j’en garde un excellent souvenir aussi !

      Wild est peut être celui que j’ai le moins apprécié mais j’ai quand même été touchée, d’une certaine manière !

  1. Aurore says:

    Je suis comme toi, je ne comprends pas le lynchage de la critique presse. Comme toi j’ai vu tous ses films ( sauf Victoria) et je trouve qu’après Wild, il retrouve son approche fantaisiste, originale et touchante des sujets difficiles. J’ai beaucoup aimé également. Et je suis contente de voir que les blogueuses aussi, à la différence de la presse 🙂

    • Audrey says:

      J’avais super peur d’aller le voir à cause des critiques négatives mais bon, j’ai bien fait de tenter le coup ! Ta critique m’a d’ailleurs plus ou moins confirmée dans ma volonté et j’ai bien fait ! J’ai passé un excellent moment !

      Ah ! heureusement que les blogs sont là pour nuancer la tendance ! ^^

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