Critique Darkwind, Sharon Cameron

Ces derniers mois, j’ai souvent croisé Darwind sur les blogs et j’ai eu envie de me laisser tenter. Ou du moins, j’ai suggéré au (gentil) Père Noël une idée : me l’offrir ! Et comme il m’a écoutée, je n’ai eu qu’une envie : m’y plonger sans attendre (avant la fin de mes vacances quoi). 41m4Y6hGixL

Petite anecdote : en fin de livre, nous apprenons que Sharon Cameron s’est inspirée de l’abbaye de Welbeck (qui apparaît justement en couverture). En 1870, le cinquième duc de Portland y faisait travailler plus de 1600 personnes sur des projets plus excentriques les uns que les autres.

L’oncle Tulman de Darwind a hérité de certaines de ses manies et de pas mal de ses travers.

Résumé

Angleterre, 1852.

Katharine, une orpheline sans le sou, est envoyée par sa tante et tutrice Alice au manoir de Darkwind. L’actuel propriétaire, le fameux oncle Tulman est plutôt excentrique et est soupçonné de dilapider la fortune familiale. Katharine doit prouver que ce dernier est complètement fou afin de le faire interner sans tarder. Sur place, Katharine rencontre un vieil homme totalement dingue mais surtout, un génie à l’état pur ! Ses inventions ? Des automates plus vrais que nature ! A ses côtés travaillent des centaines de personnes, des familles entières, qu’il a arraché à la misère des hospices. Partagée entre son devoir (et notamment son avenir personnel) et les sentiments qui naissent au contact de toute cette bande, Katharine se laisse 30 jours de réflexion.

30 jours à Darwkind avec ses excentricités, ses secrets, le ténébreux Lane, le gentil Davy, le très accueillant Ben… et j’en passe. 30 jours pour tout détruire… ou tout sauvegarder.

Mon avis

Darwind fait partie intégrante de cette lecture littérature young adult qui est tellement populaire en ce moment. Mais vous voulez savoir une chose ? Pour moi, c’est un détail parmi tant d’autres, pas un critère de choix. J’ai en effet trouvé que le style de Sharon Cameron était tout à fait agréable et que l’intrigue était tout à fait à la hauteur des romans à destination d’un lectorat plus âgé.

Nous suivons les aventures d’une jeune fille de 17 ans, Katharine, parachutée dans un manoir inquiétant, immense et plein de recoins… et où personne n’a envie de la recevoir. Si oncle Tully plane et reste dans son petit monde, ni les domestiques de la maison, ni les habitants du village ne sont dupes : la jeune femme est là pour faire interner son oncle, une décision qui les mettra (accessoirement) tous à la porte.

A partir de là, j’ai trouvé que le livre flirtait avec plusieurs genres sans jamais vraiment opter pour une voie parmi les autres.

Steampunk ?

Un peu ! Mais pas beaucoup. Dans ce premier tome, il est surtout question des automates d’oncle Tully. Plus vrais que natures, ils prennent parfois les traits des membres décédés de la famille ou peuvent également apparaître sous les traits d’un dragon ou de ce fameux poisson qui posera bien des problèmes.

Romance ?

Pas vraiment. Quoi que… Katharine se retrouve vite prise entre deux feux. D’un côté, il y a le brun : Lane. Apprenti de Tully, il est plutôt taciturne. Mais il y a aussi le blond, Ben, très intéressé par le travail de Tully, enthousiaste et beaucoup plus solaire.

Aventure ?

Après tout, Katharine va vivre pas mal de moments d’angoisse dans ce premier tome. Il y aura des secrets, des soupçons et du complot. Le roman est donc loin d’être vide (même si j’ai trouvé certains enchainements d’action assez confus et certains passages un peu brouillon) et regorge de scènes réjouissantes et de descriptions qui me font absolument rêver (la salle des horloges, la salle de bal en sous sol où Lane et Katharine font du patin à roulettes)…

En bref,

Cette lecture a été, pour moi, totalement concluante. Il ferait un excellent film !! J’ai été merveilleusement bien divertie et j’attends la suite avec impatience. Un seul bémol ? Peut-être le caractère de l’héroïne. En effet, j’ai trouve Katharine beaucoup trop moderne pour l’Angleterre victorienne. Ce personnage n’est donc pas toujours très crédible et en lisant, j’oubliais souvent qu’on est censé être au 19ème… c’est quand même ballot naaaan ?

4 comments

  1. sanasan says:

    Une chose qui me contrarie franchement avec les auteurs qui écrivent de l’historique en ce moment (romance ou autre) c’est qu’au lieu de respecter les codes de l’époque, il dénature totalement les règles en vigueur. Dans ce cas là pourquoi choisir d’écrire de l’historique? Autant faire du Steampunk ou YA Moderne? ça marche aussi il me semble?
    Comme tu dis! C’est ballot! 🙂
    sanasan Articles récents…Programmation Janvier 2016My Profile

    • Audrey says:

      Je suis loin d’être une pro de la question mais si j’ai tout compris, le Steampunk ne peut pas être moderne car c’est une sorte de science fiction du passé… ou du victorien futuriste si tu veux. Tu places ton intrigue au 19ème siècle mais tu intègres des inventions de dingue où la vapeur et la mécanique sont à l’honneur. ça fait notamment référence à la révolution industrielle avec toutes les nouveautés qu’elle a apporté.

      Dans le cas de Darwind on a les automates du vieil oncle qui sont totalement futuristes, entre mécanique et magie…. mais le reste, c’est à dire les dialogues, les rapports entre les personnages, les réflexions de Katharine… tout ça est trop moderne à mon goût. D’où l’impression de ne plus évoluer dans les années 1850… Comme tu le soulignes, les codes de l’époque ne sont pas assez respectés et à la longue, ça m’a fait tiquer.

      Mais bon, c’est un bouquin jeunesse. Ceci explique peut être cela !

      Dans le même genre (même si les histoires n’ont rien à voir) la série de Gail Carriger est bien mieux : http://cellardoor.fr/critique-le-protectorat-de-lombrelle-tome-1-gail-carriger/

  2. Le Vampire Aigri says:

    [Léger spoil dans mon commentaire ! Gare aux curieux !]

    Peut-être sans raison, mais j’ai tendance à reculer quand je tombe sur du YA, j’ai peur de tomber sur des clichés insupportables, des plumes trop simples ou des intrigues creuses, mais il y a des livres où ça valait clairement le coup de se lancer !
    Bon, je n’ai pas un ressenti aussi positif que toi pour ce début, après, je ne suis pas toujours convaincue par un premier tome mais il faut que ce soit vraiment catastrophique pour que je n’ai pas envie de lire la suite : surtout que la fin peut permettre quelque chose. Je m’étais plus attachée à Ben qu’à Lane (… Oui, mauvais instinct, hein ?) et je crois que c’est pour ça que j’ai été déçue en fait ! Les amourettes qui commencent pas des piques, ce n’est pas ma tasse de thé, mais à la fin, j’ai accepté ce retournement de situation et je reste curieuse pour la suite~

    Et idem, la légèreté du contexte historique a fait un peu tache chez moi aussi, et c’est justement le défaut « classique » dans les YA historiques (enfin, que j’ai souvent retrouvé de mon côté, j’ai peut-être choisi les mauvais ouvrages) : la modernité de certains personnages pour l’ère choisie…
    (Effectivement, Gail Carriger joue le jeu avec Le Protectorat de l’Ombrelle sans se prendre trop au sérieux : cette « parodie » qui pousse les manières british à leur comble est plutôt amusante 😀 )

    Mais enfin, attendons le tome 2 et en espérant que Cameron ne s’essoufflera pas !

    • Audrey says:

      Moi j’aime assez les romances qui commencent par des piques et des affrontements… ^^ Classique, mais efficace ! Mais je me doute que cela peut être agaçant pour certains lecteurs et même, un brin cliché ! Je pense que ce roman n’est pas sans défauts, c’est évident, mais mon avis reste résolument positif… peut être parce que contrairement à toi (apparemment), je lis très peu de YA et encore moins de YA historiques. Je crois que c’était mon premier. Du coup, je ne suis pas lassée/je n’ai pas de points de comparaison.

      Mais non oui, attendons le tome 2 pour le verdict final ! 😉

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