Critique Dans la maison

Sortie : 10/10/2012

Note : 7.75/10

 

Le résumé : Claude a 16 ans. Il vit avec son père handicapé dont il doit s’occuper et subit l’absence d’une mère, partie il y a des années de ça. Cette année, alors qu’il est plutôt branché maths, Claude se prend de passion pour les rédactions de français. Il y raconte ses rapports avec la famille de Rapha, un de ses camarades de classe. D’abord intrigué par cette fameuse maison, il réussi à s’incruster dans la famille et en tire des récits qui passionnent son prof de français. Ce dernier ne sait pas encore que Claude est la perversion même et que ces petites fantaisies littéraires pourraient devenir incontrôlables…

Ce que j’ai aimé : Je suis une grande fan de François Ozon et, depuis 2001, j’ai la prétention d’aller voir tous ses films au cinéma. Je me suis donc empressée d’aller voir son dernier long-métrage bien que ses dernières créations ne m’aient pas complètement convaincue. Malgré tout, j’avais un peu peur de Dans la maison. J’avais peur de ce que j’allais y trouver. Peur du thème, peur de son traitement, peur de m’ennuyer. Au final, il n’en est rien.

Cette fois, François Ozon nous revient avec un film qu’on pourra qualifier de littéraire. Forcément : l’un des personnages principaux est prof de français. Alors on parle des livres, de la place de la littérature et de l’art dans la vie (la femme de Mr Germain tient une galerie d’art contemporain) et puis on écrit, on décortique le récit, on invente et on réécrit sans cesse les mêmes scènes.

La voix off, omniprésente, a pour fonction de retranscrire les écrits de Claude à l’oral tandis que les images associées au récit se succèdent devant nos yeux. En clair : la voix de Claude (ou de Mr Germain) raconte tandis que l’on voit les personnages évoluer dans lesdites scènes. Loin de trouver ce procédé lourd et agaçant, j’ai apprécié son usage et le côté très « viens là que je te raconte une histoire ».

Bien sûr, si l’expérience littéraire (s’introduire chez des presque-inconnus, se faire accepter et décrire leur petite vie, leur intérieur…) était intéressante dans les premiers temps, elle devient vite malsaine et Dans la maison nous permet d’en saisir toute la monstruosité. Méprisant envers cette fameuse famille normale de la « classe moyenne », Claude dresse un portrait assez cruel de ceux qui l’accueillent à bras ouverts. C’est pas vraiment gentil tout ça, n’est ce pas ?

L’autre aspect très intéressant du film est sans nul doute la drôle de relation qui s’instaure entre le prof et son élève. Blasé par l’enseignement et ses élèves, Mr Germain n’a plus guère d’ambitions en tant qu’enseignant et se prend donc facilement de passion pour les récits d’un gamin qui sort de l’ordinaire et ce, malgré le manque de moralité de ces derniers. Manipulation et désirs enfouis seront donc au menu : dans ce jeu du chat et de la souris, tout le monde se sert de l’autre pour arriver à ses fins, et inversement.

Pour terminer les points positifs, j’ai quand même envie de dire que Dans la maison s’appuie également beaucoup sur la performance des acteurs. Je ne suis pas certaine que le film ait eu le même charme si un autre avait pris la place de Luchini (ce n’est que mon avis). Kristin Scott Thomas joue sa femme avec brio mais on n’attend jamais moins d’elle. Le casting brille particulièrement par la présence du jeune Ernst Umhauer. Beau, troublant, il passe pour un jeune homme timide au premier abord mais révèle une dualité inquiétante, faite de perversité et d’une sournoiserie qui font franchement froid dans le dos.

Ce que je n’ai pas aimé : Si l’histoire m’a particulièrement plu dans un premier temps, dans la dernière partie du film, j’ai plus ou moins décroché. Pourquoi ? Sans doute parce que le récit, beaucoup moins crédible à mes yeux, m’a paru s’engoncer dans des clichés qui ne m’ont fait ni chaud ni froid. Fiction ou réalité ? Quelles sont les véritables intentions de Claude ? Et celles de Mr Germain ? On se pose des questions pendant de longues minutes, cela nous exalte, nous fait sourire d’impatience et puis on nous donne des pseudos réponses tout à fait insatisfaisantes.

Mr Germain et Claude s’interrogent sur la fin à donner à leur histoire mais ne savent pas par quel bout l’attraper. Du coup, le récit perd beaucoup en intensité. Trop d’hésitations, trop d’évènements banals et sans intérêt aucun. Cette fin à rallonge m’a laissée sur un goût amer et c’est franchement dommage. Plus concis et plus tranchant, le film aurait franchement gagné en force.

En bref : Dans la maison est un film qui, à les yeux, est plutôt bien foutu dans ses 75 premières minutes. Malheureusement, la dernière demi-heure est venue nuancer mon avis sur le film. A partir de là, je n’en ai plus vraiment aimé le déroulement, pas plus que je n’ai apprécié sa fin que j’avais espéré plus fracassante. Malgré tout, étant donné que j’avais moyennement aimé Potiche (2010) et Le refuge (2009), je suis plutôt contente de retrouver Ozon sous de meilleurs auspices.

3 comments

  1. auroreinparis says:

    Je suis aussi une inconditionnelle d’ozon et trouve tjs un charme à ses films même les moins brillants. J’attends bcp de celui-ci, je vais le voir demain soir. Hate de retrouver Lucchini, acteur fétiche s’il en est !

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