Critique La Curée, Émile Zola

Second tome du cycle des Rougon-Macquart. Je l’ai préféré au premier !

9782253003663L’histoire

Vous vous souvenez d’Aristide Rougon ? Et bien c’est l’un des personnages principaux de ce roman. Quittant Plassans avec sa fille Clotilde et sa femme Angèle, il s’installe à Paris, bien décidé à y faire fortune. Son fils, Maxime, reste quant à lui en pension dans le sud. Après la mort de sa première femme [dans un contexte absolument ignoble d’ailleurs], il épouse Renée Béraud du Châtel avec qui il forme un couple libre.

Nous sommes dès lors dans le Paris du baron Haussmann, du moins dans le Paris qui précède justement ces grands travaux de restructuration. Aristide Rougon, dit Saccard, gagne de l’argent en spéculant sur les futurs terrains à bâtir. Le principe ? Mis au courant avant les autres grâce à son frère, il s’arrange pour acheter à bas prix des immeubles entiers dont il sait qu’ils seront rachetés à prix d’or par la ville qui souhaite, dans un second temps, les détruire pour construire ces fameux grands boulevards.

Il gagne énormément, il dépense encore plus.

Mon avis

J’avais à peine terminé La fortune des Rougon que je commençais La Curée. J’ai à peine terminé La Curée…et déjà commencé le troisième tome, Le ventre de Paris (je vous en reparlerai bientôt). Oui, je suis dingue. Ou plutôt accro à Zola en ce moment. Je me laisse porter par le mouvement, sachant que cet engouement trouvera forcément une fin, à un moment ou à un autre, car je me connais.

Cette fois, Zola nous emmène à Paris. Nous suivons Aristide, soit le fils de Pierre et Félicité Rougon et frère cadet de Eugène Rougon, quant à lui devenu ministre et que nous croiserons aussi de temps en temps dans ce second volet. C’est lui qui donne les informations à son frère…

Ici, Saccart est présenté comme un véritable parvenu. Dans son désir de réussir à tous prix, il exploite les personnages plus faibles, plus naïfs que lui, les décadents qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et bien entendu, les femmes. Il spécule, il corrompt, il fait son chemin à grands coups de coude et a toujours un coup d’avance sur les autres. En bon Rougon, il fonctionne au gain. Son moteur est l’argent, l’argent et encore l’argent et cette passion détermine jusqu’à ses choix amoureux puisque même son mariage avec une riche aristocrate, unique héritière d’une fortune, est une histoire de gros sous. Une affaire financière comme une autre, semble-t-il !

En parallèle de tout ce thème, soit la spéculation immobilière parisienne, Zola développe toute une intrigue amoureuse qui m’a beaucoup plu et qui concerne sa femme, Renée. Bien entendu, elle est un prétexte pour évoquer la condition féminine de l’époque, les femmes étant les premières à souffrir des positions morales particulièrement rigides qui régissent la société. Sacrifiée pour sauver l’honneur de la famille, Renée va se perdre dans une vie de plaisirs où elle dépense beaucoup et accumule les amants. A aucun moment, néanmoins, elle ne semble heureuse.

Au-delà de ces personnages principaux, La Curée n’est autre que le portrait d’un Paris terriblement décadent où la bonne société se livre à tous les excès. Il y a de l’argent, des tables bien remplies, de la sensualité et même parfois, un véritable érotisme qui débordent de ces pages. Les bas instincts sont mis en lumière et dieu sait que tout cela n’est pas joli joli à voir.

2 comments

  1. Kitsy says:

    J’ai beaucoup aimé ce deuxième tome ! C’est vrai que c’est le portrait d’un Paris en pleine décadence. Renée m’a touché malgré son côté superficielle, c’est triste de se dire qu’elle ne sera jamais heureuse, quoi qu’elle fasse. Je suis en pleine période Zola moi aussi ! Je suis allée voir Cézanne et moi au cinéma et si c’est surtout sur Cézanne, on y voit un Zola incarné à la perfection par Guillaume Canet, je te le conseille !
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