Critique La conquête de Plassans, Émile Zola

C’est qui la grosse relou qui vient ENCORE vous parler de Zola ? C’est moaaaaa !!

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Résumé

Alors que les tomes 2 et 3 se déroulaient à Paris, pour ce 4ème volume, Zola nous ramène à Plassans, là où tout a commencé avec La Fortune des Rougon.

Cette fois, l’auteur nous permet de faire la connaissance des Mouret : François et Marthe. François Mouret est le fils d’Ursule Macquart et du chapelier Mouret. Quant à Marthe, elle n’est autre que la fille de Pierre et de Félicité Rougon que l’on a rencontré dans le premier volume. En gros, nos deux époux sont cousins et ont une grand-mère commune : Adélaïde Fouque, la folle du village. La question de l’hérédité de cette folie est d’ailleurs très présente dans ce volume.

De ce mariage sont nés : Octave (Au bonheur des Dames), Serge (dans La faute de l’abbé Mouret, l’abbé c’est lui) et Désirée, une gentille fille un peu attardée.

Mais bon, La conquête de Plassans ne parle pas que de folie et de vie de famille, le volume était également tourné vers la politique. Les notables légitimistes et bonapartistes s’affrontent en effet pour obtenir le pouvoir en ville.

A cela s’ajoute bien évidemment une bonne dose de religion grâce à un personnage assez… spécial, on va dire, soit l’abbé Faujas qui vient prendre pension chez les Mouret.

Mon avis

Après la petite lassitude ressentie suite à la lecture du Ventre de Paris, j’ai plongé dans La Conquête de Plassans avec délice car c’était plus « frais » que ces histoires de halles parisiennes.

Le livre commence pratiquement avec l’arrivée de l’abbé Faujas à Plassans. On voit ce dernier, suivi de sa mère, s’installer dans l’indifférence générale, avoir des débuts très difficiles puis, peu à peu, se faire accepter par les habitants jusqu’à dominer son monde. La conquête de Plassans, c’est avant tout la sienne et pour y parvenir, il va notamment se servir de notre pauvre Marthe qui va passer du statut de femme tranquille et soumise à femme dévote. Terriblement dévote. Le genre de dévote qui « oublie » mari et enfants pour se concentrer sur Dieu et plus particulièrement sur l’abbé Faujas. Inutile de vous dire que la vie des Mouret va constamment se dégrader et quand la sœur et la beau frère de l’abbé débarquent dans la maison, c’est encore pire…

Dans ce volume, l’action prime sur la description ce qui est extrêmement agréable pour moi. Les chapitres sont relativement courts ce qui dynamise forcément le récit. Quant au contenu et bien… il est noir de chez noir. Zola nous dépeint encore un Plassans brûlant où chacun veut sa part du gâteau, où tout le monde est prêt à écraser son voisin pour déchirer un lambeau de victoire et de pouvoir…

J’ai détesté l’abbé Faujas, un homme trop ambitieux, froid, calculateur, bien plus intéressé par les affaires de pouvoir que par les questions de religion, se servant du dévouement de ses paroissiens pour arriver à ses fins et non par amour de Dieu… Un joli portrait du Clergé !

Mêlant Fanatisme, folie, mesquinerie, ambitions, jalousie…et suspens, ce volume est une jolie réussite !

Bon aller, je vous laisse. Je m’en vais me replonger dans La faute de l’abbé Mouret que je lis tranquillement, mais sûrement !

7 comments

  1. Zofia says:

    Je vais poser une question peut-être un peu con mais bon, est-ce que par hasard certains tomes peuvent se lire de façon isolée ? j’en lirais bien mais je ne sais pas si j’aurais le courage de TOUT lire. Après j’ai découvert que ma mère les avait presque tous, elle a des intégrales mais il manque le 4…
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    • Audrey says:

      Franchement, je pense que oui ! Tu sais, il y a plein de gens qui en lisent un par ci, par là, sans se taper toute la série. Tu vois, moi j’ai lu plusieurs fois Germinal, par exemple, Le héros c’est Etienne Lantier mais dans le cas de ce roman, il est peu utile de connaître d’où il vient.

      Même là, tu vois, je suis en train de lire La faute de l’abbé Mouret et le personnage principal, c’est Serge Mouret, un des enfants Mouret que l’on rencontre dans le tome précédent, La conquête de Plassans. C’est intéressant de lire les deux tomes à la suite mais on peut comprendre La faute de l’abbé Mouret même sans avoir lu les tomes d’avant !

      Idem, j’ai lu Nana et L’Oeuvre sans problème ! Faut juste que tu trouves le thème qui te plait ! 🙂

        • Audrey says:

          Franchement si je devais conseiller un Zola je conseillerai Germinal. C’est le 13ème tome. Comme tu le sais, ça se passe dans les mines, dans le nord de la France. Je l’ai lu sans tout connaître des Rougon Macquart et j’ai eu aucun souci.

          Je garde aussi un bon souvenir de Nana, qui parle plutôt de l’univers des prostituées., J’ai pas souvenir d’avoir eu des soucis à le comprendre.

          Sinon parmi les 5 que je viens de lire, je te conseillerai seulement le tome 2, la Curée.
          Le tome 1 est pas le meilleur, le 3 contient beaucoup trop de descriptions et les tomes 4 et 5 sont trop liés au premier !

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