Challenge « classique du mois » : Des souris et des hommes, de John Steinbeck

« George continua :

– Pour nous, c’est pas comme ça. Nous, on a un futur. On a quelqu’un à qui parler, qui s’intéresse à nous. On a pas besoin de s’asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu’on n’a pas d’autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s’en fout. Mais pas nous.

Lennie intervint.

– Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que… parce que moi, j’ai toi pour t’occuper de moi, et toi, t’as moi pour m’occuper de toi, et c’est pour ça.

Il éclata d’un rire heureux ».

Je suis en train de lire mon tout premier Ken Follett et, en cette occasion, je dois avaler plus de 1000 pages. J’ai donc stoppé ma lecture car la fin du mois approchant, je devais inclure un classique de la littérature à mon programme de lecture. Vous voyez, j’essaie de m’y tenir !

Je dois avouer une chose : en refermant Des souris et des hommes, j’ai presque la certitude de l’avoir déjà lu (mais il y a des siècles) car je me rappelais de différentes choses. Et finalement, ça ne m’étonne pas car ce roman de l’écrivain américain John Steinbeck est un classique à côté duquel on peut difficilement passer. En plus, il est court et très facile à lire donc vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas le découvrir !

Publié en 1937, ce roman raconte l’histoire de deux amis d’enfance : George Milton et Lennie Small. Lennie est un gentil simple d’esprit. Pas agressif pour un sou mais d’une force inouïe, il aime plus que tout caresser ce qui est doux comme les souris, le velours, le tissu, les chiots… George l’aime comme un frère mais commence un peu à fatiguer : il doit sans cesse surveiller Lennie et organiser leur fuite car ce dernier passe son temps à se faire remarquer à cause de ses bêtises. La dernière fois ? Il a été accusé de viol par une femme. Or, Lennie voulait juste caresser la robe de cette dernière et pas la violer (il a l’esprit d’un petit garçon)… Le mal était pourtant fait, il a fallu décamper. Bref, les voilà à nouveau sur les routes de Californie, en direction d’un nouveau ranch où on les attend en tant que saisonniers.

Comment vous dire ? Des souris et des hommes a beau être un livre court, il n’a rien à envier aux pavés, question intensité, émotive, force narrative. Dans cette histoire atroce et poétique à la fois, deux hommes très différents caressent le rêve d’être libres. Et pour eux, la liberté, cela consiste à vivre sur leur propre terre. Pour le moment, comme bien d’autres, ils ne font que passer de ranch en ranch et leur nouvelle escale va leur permettre de rencontrer une poignée d’hommes, de personnages masculins très marquants et qui peuplent eux aussi ce court récit.

Inutile de vous raconter l’histoire dans ses moindres détails. Il vous suffit juste de savoir que John Steinbeck parle ici de la condition humaine en général et du destin difficile de ceux qui n’ont rien. Au ranch, Lennie et George rencontre également un palefrenier noir, un personnage qui permet d’évoquer le thème du racisme et de l’exclusion.

Notons aussi que ce court récit est ponctué par de nombreuses descriptions de la nature environnante. C’est si bien écrit, si vivant ! On s’y croirait vraiment : ces paysages sauvages se déploient sous nos yeux.

La magie opère.

victor_hugo

Challenge le classique du mois

4 comments

  1. Aurore says:

    Je suis fan de Steinbeck, j’ai lu 4 livres de lui, je poursuis ma découverte. Celui-ci a dû être mon second, et comme tu dis il n’a rien à envier aux pavés question intensité, bien au contraire !

  2. auroreinparis says:

    Mon coup de coeur reste  » A l’est d’eden » suivi de près par  » les raisins de la colère ». J’ai aussi lu « Les naufragés de l’autocar » et « Tortilla flat » ( 5 donc, et pas 4)

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