Challenge Classique du mois : Comment on meurt, par Emile Zola

Je ne vais pas vous mentir.

A la base, je ne devais pas vous parler de ce bouquin de Zola mais plutôt du premier volume des Misérables. Le souci est que j’ai commencé ledit roman bien trop tard dans le mois et qu’il est loin de se lire en un claquement de doigts vous imaginez bien ! J’en suis à un tiers seulement au jour d’aujourd’hui alors j’ai ouvert un autre classique, plus court, pour pouvoir faire mon article malgré tout.

J’ai choisi de lire du Zola. 5 nouvelles sur le même thème, pour être plus précise. Le thème, vous l’aurez compris, c’est la mort. Nous avons donc 5 personnes issues de 5 milieux différents, d’âges variés mais qui vont toutes passer par les cases agonie, mort, enterrement durant les quelques pages consacrées à chacune.

Si cela vous intéresse, vous pouvez lire ces 5 nouvelles sur le pdf, il faut suffit de cliquer sur ce lien. ll y a un peu plus d’une trentaine de pages.

Mais qui meurt exactement ?

Et bien il y a un comte, une bourgeoise, une commerçante, un fils d’ouvriers et un paysan. Vous imaginez bien que les inégalités sociales sont présentes jusque dans la mort. Quand le plus riche est enterré en grandes pompes, le plus pauvre fini dans la fosse commune… Les aristocrates sont les rois de d’indifférence, les paysans sont juste résignés, les ouvriers impuissants… et quand il y a de l’argent à la clef, les héritiers se chamaillent souvent sans aucune dignité.

Comment on meurt m’a mise dans un drôle d’état d’esprit. Je ne saurais vous expliquer pourquoi mais il m’a mise un peu mal à l’aise. Non pas que les récits de Zola soient sordides mais ce n’est pas un sujet qui met vraiment en joie. Et puis les comportements des différents personnages qui continuent finalement leur petite existence comme si de rien n’était (la comtesse ne va même pas à l’enterrement de son mari, les paysans ne pensent qu’au travail aux champs, le boutiquier est quand même assez embêté d’avoir fermé sa boutique pour enterrer sa femme…) sont carrément choquants pour une fille de mon époque. Les différents portraits qui nous sont faits ne sont pas là pour nous rassurer sur la mentalité humaine, loin de là ! Au 19ème il n’y avait apparemment pas de place pour les sensibleries !

Bref, dans Comment on meurt il est donc question…de mourants (qui ont leurs propres soucis, leurs propres interrogations) et de ceux qui restent (de ce qu’ils attendent et espèrent de ces morts car si le chagrin est parfois sincère, les affaires reprennent toujours vite !).

« Lentement, le convoi avance dans la terre molle. Maintenant, il pleut; et il faut attendre sous l’averse un vieux prêtre, qui se décide à sortir d’une petite chapelle. Charlot va dormir au fond de la fosse commune. Le champ est semé de croix renversées par le vent, de couronnes pourries par la pluie, un champ de misère et de deuil, dévasté, piétiné, suant cet encombrement de cadavres qu’entassent la faim et le froid des faubourgs. C’est fini. La terre coule, Charlot est au fond du trou, et les parents s’en vont, sans avoir pu s’agenouiller, dans la boue liquide où ils enfoncent. Dehors, comme il pleut toujours, Morisseau, qui a encore trois francs sur les dix francs du bureau de bienfaisance, invite les camarades et les voisines à prendre quelque chose, chez un marchand de vin. On s’attable, on boit deux litres, on mange un morceau de fromage de Brie. Puis, les camarades, à leur tour, paient deux autres litres. Quand la société rentre dans Paris, elle est très gaie ».

victor_hugo

Challenge le classique du mois

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.