Critique Ce qu’il restera de nous (moyen métrage)

Sortie : 29 février 2012

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un court métrage sur mon blog. Je l’ai acheté quelques euros sur le site d’Arte. Ce qu’il restera de nous dure une quarantaine de minutes et a été réalisé par Vincent Macaigne, une personne s’étant jusque là plus illustrée en tant que metteur en scène au théâtre.

Je ne sais pas trop quoi penser de cette réalisation courte et brutale qui met en scène les rapports entre deux frères, réunis à la mort de leur père. L’un est en couple avec Laure et a toujours eu des soucis d’argent. L’autre en avait encore moins, d’argent, mais a toujours été aidé par son père. Alors qu’il est sans nul doute le plus désintéressé par l’argent, et qu’en plus de ça, il détestait son père, il hérite finalement de tout. Maison, argent… le voilà propriétaire et riche.

Je ne sais pas vraiment les moyens qu’avait Vincent Macaigne en réalisant ce court métrage. Du coup, je ne sais pas si cette image sombre et cette lumière sale qui inondent ce film sont voulues ou simplement imposées par un cruel manque de moyens. Si je devais être objective par rapport à mes goûts personnels, je dirais que Ce qu’il restera de nous est un film à l’esthétique laide, austère et triste. C’est gris, limite sordide et le sujet dont il est question n’est pas super folichon non plus, on s’en doute.

Une fois qu’on a dépassé ces considérations un peu superficielles, il faut bien le dire, on découvre pourtant quelques bonnes idées, quelques thèmes et quelques dialogues qui valent vraiment la peine. J’ai aimé cet espèce d’affrontement continuel entre deux frères trop différents pour vraiment se comprendre. L’un vit complètement en marge de la société, s’amusant à créer des aquarelles. L’autre était un pianiste doué mais a tout laissé tomber pour faire HEC. Des années plus tard, qui est le plus malheureux finalement ?

A cela, il faut ajouter une femme au bord de l’hystérie et qui semble profiter de ces moments délicats pour cracher ce qu’elle semble avoir sur le cœur depuis des années. Alors évidemment, ça hurle, ça brasse de l’air, ça s’entrechoque, ça parle, ça donne ses quatre vérités et ça pleure. Les gens calmes et pondérés trouveront vite ça insupportable… et c’est vrai que d’une certaine manière, ça l’est terriblement. Pourtant, c’est plus la détresse des personnages qui m’a marquée, leur désespoir, leur perte de contrôle, leurs déceptions devant la médiocrité de la vie qui leur est réservée. Les acteurs se donnent vraiment à fond et je devine que certaines scènes ont du les vider de leur énergie.

On l’aura compris (ou pas) mais Ce qu’il restera de nous m’a plus touchée par son fond que par sa forme. L’image est franchement dégueulasse mais cela sert quand même pas mal le propos du film. La violence des sentiments qui y sont évoqués ne peut laisser indifférents mais ce n’est pas ce que j’appellerai une œuvre grand public car c’est quand même un peu particulier.

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