Critique Le Carnaval des Vampires, Olivier Barde Cabuçon

Fort de son intérêt pour l’Histoire et pour le 18ème siècle en particulier, Olivier Barde-Cabuçon est l’auteur de plusieurs romans historiques. À ce jour, sa saga du Commissaire aux Morts Étranges représente la majeure partie de son œuvre. Si je ne me trompe pas, Le Carnaval des Vampires en est le 7ème tome et est sorti le 7 mars 2018.

J’en profite pour remercier Actes Sud qui m’a fait envoyer ce roman. J’avais déjà admiré la couverture sur mon écran mais la voir en vrai, c’est quand même autre chose !

L’histoire

Commissaire aux morts étranges, le chevalier de Volnay a la charge d’élucider les cas de morts les plus mystérieux de la ville de Paris. Mais une affaire précédente l’ayant contraint à fuir la France avec le moine hérétique, il se réfugie à Venise.
Les deux hommes y retrouvent la jeune Violetta, devenue intendante d’un palais vénitien abandonné où de curieux événements se produisent la nuit venue. Cependant, des faits bien plus étranges ont cours dans la cité d’ombres et de lumières. Au petit matin, des corps sont découverts vidés de leur sang, et des gens disparaissent. Paniquée, la population profane les cimetières pour brûler des cadavres après leur avoir percé le coeur. Les pouvoirs en place s’inquiètent d’autant plus que le carnaval va débuter…
Experte en vampirisme, la belle Maddalena Corvinus en est convaincue : les créatures de la nuit ont envahi la Sérénissime. Dans une Venise fantomatique et sa lagune crépusculaire, Olivier Barde-Cabuçon trousse un roman d’atmosphère gothique, original et haletant, et jette ses deux enquêteurs dans leur affaire policière la plus sanglante…

Mon avis

 

Si vous suivez un peu mes critiques, vous savez que ce n’est pas la première fois que l’auteur nous amène à Venise. C’était déjà le cas dans Humeur Noire à Venise. De ce fait, nous retrouvons ici un cadre bien connu mais également des personnages que nous avons déjà rencontrés et qui ont participé, de près ou de loin, aux intrigues des tomes précédents. Je pense évidemment à deux figures féminines, soit Chiara et Violetta qui reviennent concrètement sur le devant de la scène.

Comme ce fut le cas précédemment, changer de décor (nos personnages ont quitté Paris dans une certaine précipitation) permet de changer de ton, de changer d’enjeux et bien entendu, de confronter notre duo à une nouvelle série de crimes ignobles. Une fois encore, rationalisme, superstitions et croyances sont mis en opposition et permettent de construire une enquête originale, où l’on est jamais vraiment sûr de ce qu’on l’on voit, de ce qu’on l’on doit croire. Je vous rassure : même si vous n’êtes pas fan des histoires de vampires, vous pouvez tenter l’expérience. Nous sommes chez Oliver Barde Cabuçon et pas chez Stephenie Meyer, la décoration n’est pas la même.

L’angoisse et le mystère qui planent au dessus de l’histoire proviennent des faits qui nous sont racontés mais sont évidemment renforcés par le décor crépusculaire d’une Venise sombre et inquiétante. À l’orée du fameux carnaval vénitien, la cité semble à deux doigts de se transformer en un territoire à la fois hostile et festif, d’où l’intérêt de résoudre l’enquête avant que la fête générale ne commence. Très visuelles et jamais superflues, les descriptions proposées par l’auteur nous permettent véritablement de nous immerger dans la ville telle qu’elle était au 18ème siècle et si vous êtes un tant soit peu amateur de romans historiques, vous apprécierez le résultat.

Enfin, Le Carnaval des Vampires nous permet également d’en apprendre un peu plus sur notre duo, sur leurs états d’âme respectifs. J’avais commencé cette série de romans en me focalisant sur le personnage de Volnay mais à mesure que les tomes passent, mon intérêt pour le moine augmente et j’apprécie d’autant plus les petits détails qui nous sont donnés sur son parcours et son passé qui restent assez troubles.

En quelques mots,

Encore un volume très réussi et qui se lit avec plaisir. Les descriptions sont toujours aussi bien réussies et les dialogues, toujours aussi agréables à suivre car d’une belle vitalité. Si vous avez aimé les tomes précédents, vous pouvez vous laisser tenter par cette nouvelle enquête !

7 comments

  1. A-Little-Bit-Dramatic says:

    J’ai craqué ce mois-ci et ajouté, non pas ce roman, mais le premier tome du Commissaire aux Morts Etranges, sur tes conseils et ceux d’une autre lectrice, Isabeau Bellevue, qui apprécie aussi l’atmosphère de cette série… Pour certains, ce n’est qu’une pâle copie de Nicolas Le Floch mais il me semble, à la lecture de vos chroniques et des résumés que ce sont deux univers radicalement différents : certes, les intrigues des deux sagas se passent au 18e siècle et nous suivons un commissaire mais j’ai l’impression que nous sommes dans des univers diamétralement opposés et je l’espère, d’ailleurs, parce qu’en lisant Olivier Barde-Cabuçon, j’ai envie de découvrir autre chose. 😉

    Je ne sais pas encore quand je vais lire le premier tome. Il est dans ma PAL depuis quelques jours à peine et j’ai d’autres lectures en attente qui sont prioritaires. 😉 Mais j’ai très envie de le sortir de ma PAL, il me brûle les doigts !
    A-Little-Bit-Dramatic Articles récents…La Thé Box, Mars 2018 : La Petite FrançaiseMy Profile

    • Audrey says:

      Je ne connais pas vraiment les romans de Jean François Parot mais j’ai l’impression que ce sont principalement des intrigues de Cour ce qui n’est pas le cas chez Barde Cabuçon.Du moins ça l’était peut être plus au début, maintenant ses personnages bougent pas mal. Puis il y a toujours une dimension : rationalisme vs croyances et superstitions qui n’est peut être pas chez Le Floch ? Au pire, lis le premier et puis tu verras si tu poursuis 🙂

      • A-Little-Bit-Dramatic says:

        Oui, c’est ça, même si ce n’est pas évident au départ, mais, petit à petit, Nicolas Le Floch se rapproche du pouvoir, d’abord de Louis XV puis de son petit-fils et successeur, Louis XVI… Il n’y a pas que ça, bien sûr : les enquêtes se passent aussi dans Paris et sont l’occasion pour l’auteur de dépeindre toutes les couches de la société pré-révolution. 🙂

        Et effectivement, les enquêtes ne flirtent absolument pas avec les superstitions et autres croyances ou alors, vraiment très peu. Ceci étant dit, je crois que la saga Nicolas Le Floch est à lire, mais c’est sympa aussi de découvrir d’autres univers. Très franchement, je suis curieuse mais, étant donné que je pars quand même avec une petite appréhension, je n’ai ajouté que le premier tome à ma PAL… Il sera toujours temps par la suite de rajouter les autres volumes si jamais celui-ci me plaît… 😉 Et j’espère que ce sera le cas !

        Je ne manquerai pas de venir en parler avec toi, bien sûr, parce que c’est toi qui m’a fait découvrir l’auteur. 😉
        A-Little-Bit-Dramatic Articles récents…La Thé Box, Mars 2018 : La Petite FrançaiseMy Profile

        • Audrey says:

          Merci pour toutes ces précisions ! 🙂
          Dans ce cas là, je crois qu’on peut dire que les ressemblances entre les deux univers ne sont que superficielles. Dès qu’on creuse un peu, les différences sont bien plus nombreuses. Je tenterai Le Floch un jour, c’est sûr 🙂

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