Critique Calvary, John Michael McDonagh

Sortie : 26 novembre 2014

Calvary

J’aurais pu intégrer Calvary à une critique groupée. Une critique où il aurait été noyé sous le reste. Mais comme je l’ai particulièrement apprécié, je lui consacre un vrai article à lui tout seul !

CalvaryJe vous avoue que c’est avant tout le casting qui m’a poussé à voir ce film. Je ne vous en avais peut-être pas encore parlé mais j’aime beaucoup Brendan Gleeson (Harry Potter, Bons baisers de Bruges, L’Irlandais…et j’en passe !). Je trouve qu’il a une prestance folle et qu’il propose quelque chose de nouveau à chacun de ses rôles (quand beaucoup d’acteurs restent trop fidèles à eux même, de film en film).

Dernièrement, j’ai réalisé  que le rouquin Domhnall Gleeson (Frank, Ex machina, Anna Karénine, Il était temps, Invincible…) que j’apprécie beaucoup aussi  n’était autre que son fils. Il est également au casting de Calvary mais pour un mini-rôle. Même pas 5 minutes à l’écran, bien qu’il les partage avec son père.

Au casting on ajoute aussi la charmante Kelly Reilly que j’ai bien plus apprécié ici que dans la série True Détective où j’avais envie de la tuer… Sans oublier un petit rôle pour Dylan Moran, un autre irlandais que j’avais découvert dans la série Black Books que je continue à conseiller à ceux qui aiment l’absurde et l’humour anglais (et accessoirement, les librairies complètement dingues).calvary_2878021b

Résumé

Le père James reçoit un de ses paroissiens en confession. Celui-ci lui annonce qu’il le tuera dans une semaine.  Il le tuera un dimanche matin. Rendez-vous sur la plage. Menaces ou mensonges ? Le père James ne sait pas encore s’il se rendra au rendez-vous mais d’ici là, il continue à chercher à résoudre les problèmes de ses paroissiens. L’étau se resserre.

Mon avis

Calvary m’a mise un peu mal à l’aise car il est d’une tension folle. Il évoque aussi pas mal de sujets compliqués, délicats sans jamais trancher. On reste dans le flou et de ce fait, il est un peu difficile de comprendre le vrai message de l’œuvre.

La religion, le fameux « croire ou pas croire » est évidemment évoquée mais n’est pas le cœur du film pour autant. On ne t’explique pas que c’est bien d’être croyant. Pas plus qu’on te dit que la religion est mauvaise. Le prêtre croise, l’espace d’une semaine, une poignée de personnages qui ont tous leurs névroses, leurs peines, leurs lourds bagages à porter. D’autres demanderont son aide, d’autres pas.

C’est donc plus l’Homme que Dieu qui est au cœur du récit. Et par le biais de ces portraits, c’est le constat d’une époque vide de sens et de valeurs qui nous est donné à voir. Le constat est plutôt sombre et aucun personnage n’est heureux.

Certains personnages sont plus touchants que d’autres, plutôt ignobles. Tous m’ont semblé, dans tous les cas, diablement intéressants mais malheureusement, tous un peu survolés. J’aurais notamment aimé en savoir plus sur le personnage de Kelly Reilly et j’ai aussi bien aimé celui du petit vieux du village.

Dans Calvary, on est entre le polar et le drame. Le sujet du film, plus complexe qu’il n’en a l’air, est servi par un Brendan Gleeson prodigieux, par des décors magnifiques et écrasants mais aussi par une tension qui va crescendo et qui nous scotche devant notre écran jusqu’aux toutes dernières minutes.

7 comments

  1. Eliness says:

    🙂 Je suis contente de voir ce film et surtout que tu l’as apprécié ! Il fait partie des films qui m’a le plus marquée en 2014. Brendan Gleeson m’y a complètement scotchée, et l’état de tension / malaise tout au long du film est parfaitement maîtrisé, tout comme la photo et la musique. Un vrai beau moment de cinéma.
    Eliness Articles récents…ChoisirMy Profile

    • Audrey says:

      Je veux bien croire qu’il t’ait marquée car il a également eu un gros impact sur moi dimanche soir… Quelle tension ! Et quelle beauté aussi ! Comme tu dit, c’était un vrai beau moment de cinéma comme j’aimerais en vivre plus souvent.

  2. Zofia says:

    Pas du tout entendu parler mais ça donne envie ! et je me rends compte que moi aussi j’aime bien cet acteur ! 🙂
    Kelly Reilly m’a paru un peu artificielle dans True Détective…

    • Audrey says:

      Totalement artificielle oui. Pleine de mimiques pas naturelles. Je sais pas si c’était le rôle qui voulait ça mais je l’ai trouvée de plus en plus agaçante… Là, j’ai retrouvé l’actrice que j’aime bien.

  3. sanasan says:

    oh ben je vais le regarder ce film! Ta critique est top! Je ne m’attendais absolument pas à ça avant de la lire. Et je suis d’accord avec toi, moi aussi j’ai eu envie de tuer Kelly Reilly dans 2/3 rôles (notamment dans O&P où je la trouvais un peu tâche dans le décors, je ne saurais t’expliquer pourquoi)
    sanasan Articles récents…TAG Adieu 2015My Profile

    • Audrey says:

      Oui c’est vrai que je n’ai pas été non plus super fan de sa prestation dans O&P. Elle faisait décalée. Je reste persuadée que certaines actrices (et acteurs) ne sont pas crédibles dans les films ou les séries historiques. Ils ont quelque chose de trop moderne pour ça…

      Calvary est un film franchement sombre et très irlandais si je puis dire ^^ mais il m’a vraiment plu. Je ne sais pas si ça te tentera mais tu ne perds rien à essayer !

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