Critique Bubble gum, de Lolita Pille

Lolita Pille est une jeune romancière (elle a 31 ans et déjà trois bouquins à son actif, le premier datant de 2002) dont je ne connais que Hell, lu au bord d’une piscine il y a bien 7 ou 8 ans. J’ai également vu l’adaptation (avec Sara Forestier et Nicolas Duvauchelle si ça vous dit quelque chose). Bubble gum était dans ma bibliothèque depuis plus d’un an et c’est sur une impulsion que j’ai décidé de le trainer avec moi en vacances.

Manon est jeune et jolie mais elle vit dans un trou perdu et s’ennuie à mourir. Son rêve ? Etre une star. Faire des photos de mode, faire du cinéma, faire les gros titres. Etre adulée. Le soir où ayant fuit son père et son village, elle arrive à s’incruster dans une soirée parisienne, elle rencontre Derek. Ce mec, c’est un milliardaire désabusé qui va lui tendre un piège terrible.

Je ne sais pas trop quoi dire sur ce livre car, si je lui ai trouvé des qualités évidentes, j’ai été assez agacée par certains points qui, à mon avis, manquent tout simplement de crédibilité. A chaque chapitre, l’auteur change de point de vue. On commence par Manon, on passe à Derek et ainsi de suite. N’appréciant pas vraiment ce dernier, je me serai passée de rentrer dans sa tête une fois sur deux mais passons, j’ai compris l’intérêt du principe.

Tous les personnages, Manon compris, sont extrêmement antipathiques. Là encore, c’est fait exprès, je le sais bien. Mais quand même, c’est dur d’accrocher à l’histoire quand tu méprises ceux dont il est question au fil des pages. Dans le roman de Lolita Pille, il n’y a rien à sauver. Nous plongeons dans un monde égoïste, fondé sur le paraitre, la superficialité et où les gens sont prêts à faire n’importe quoi pour avoir leur moment de célébrité, leur quart d’heure de gloire. Publié en 2004, le roman arrive (bon à peu près) à l’époque où la télé réalité est devenue reine sur nos écrans. Et on sent bien que ce thème des people-qui-ne-servent-à-rien a carrément inspiré l’auteur.

Je ne m’attarderai pas sur le contenu du livre car il y a plusieurs rebondissements qu’il est intéressant de découvrir naïvement. Si je vous en disais trop, le livre permet tout son intérêt donc pardonnez cette superficialité ! Je pourrai juste ajouter que le style de l’auteur reste tout à fait agréable malgré la vulgarité de ses personnages et le langage très cru qu’ils emploient à longueur de journée.

En bref, j’ai lu Bubble Gum en deux jours mais paradoxalement, si j’ai relativement aimé ma lecture, j’ai été contente de le refermer. Idéal pour une lecture de vacances mais sinon, on peut bien se passer de Lolita Pille (qui n’a d’ailleurs rien écrit depuis 2008).

4 comments

  1. Clownface says:

    J’ai entendu parler de l’auteur, Hell avait fait du bruit à l’époque de sa sortie. J’ai été tenté par son deuxième roman, parce qu’apparemment c’est de la SF. Cependant je n’ai jamais sauté le pas exactement pour les arguments que tu cites. Déjà je déteste les livres grossiers, je ne sais pas pourquoi mais ça m’insupporte quand tout les personnages jurent à tour de bras. En plus, quand j’ai du mal à m’identifier ne serais-ce qu’à un protagoniste, ou, au moins à comprendre leurs motivations, ça me rebute au plus haut point…
    Donc, je doute que je me lancerais dans la littérature de cette demoiselle…
    Clownface Articles récents…Quite proud with the first four. Beautiful woman with a great…My Profile

    • Audrey says:

      Je sais pas si tu en avais entendu parler mais il y a également toute la rumeur selon laquelle ce serait Frédéric Beigbeder qui écrirait les livres de Lolita Pille alors qu’elle affirme n’être que sa petite protégée. Je ne pense pas que ce soit le cas mais quand même, drôle de pub…

      Je pense que tu parles de Crépuscule Ville. Je voulais le tenter et puis j’ai regardé les notes et commentaires des lecteurs sur amazon… c’est assez instructif et ça ne donne pas envie d’ouvrir le bouquin !

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