Critique Blood ties

Sortie : 30 octobre 2013

En 2008, Guillaume Canet a joué dans Les liens du sang. Se passant à la fin des années 70, ce film se déroule à Lyon et raconte l’histoire de deux frères que tout oppose : l’un sort de prison (Cluzet), l’autre est flic (Canet). Blood ties est un remake de cette histoire… à la sauce américaine, avec un casting prestigieux et un peu plus de classe.

J’avais envie de voir Blood ties et en même temps, je craignais le résultat. La faute à une bande annonce que j’avais trouvé mal foutue, bordélique… et donc pas spécialement attrayante. Mais bon, c’est un film de Guillaume Canet et je ne pouvais pas ne pas le voir au cinéma.

Nous sommes en 1974, à New York. Chris vient de sortir de prison où il moisissait depuis plusieurs années à cause d’un règlement de compte meurtrier. Franck, son petit frère et accessoirement flic, l’attend à contrecœur devant la prison avec Marie, leur sœur. Si elle est particulièrement compréhensive, cette dernière n’ignore pas que ses frères ont pris des chemins diamétralement opposés et que l’entente n’est pas toujours cordiale. Malgré tout, Franck veut aider son frère à se réinsérer et l’accueille dans son appartement, allant même jusqu’à lui trouver du travail. Mais Chris va vite être rattrapé par son passé et ses propres démons.

Blood ties dure 2h07 et c’est long. Très long. Dès le départ, j’ai noté un point qui m’agace souvent au cinéma : le manque d’homogénéité de l’ensemble. En gros, dans Blood ties il y a une histoire sans y avoir vraiment une histoire et nous sommes face à une suite de scènes. Passant d’un personnage à un autre, Guillaume Canet nous offre un film plutôt morcelé et donc, une mise en scène hachée très désagréable à suivre.

On comprend vite que le réalisateur s’est fait plaisir. Cinéphile dans l’âme et grand fan des polars américains des années 70, il a fait beaucoup d’efforts au niveau de la reconstitution des années 70 et esthétiquement, son film est génial. Décors, vieilles bagnoles, BO bien choisie, bons acteurs, belle réalisation… Tout y est. Mais ce n’est finalement une pale copie des films de Scorsese ou de De Palma. Les connaisseurs disent même que certaines scènes ont été plus ou moins « copiées » sur certains classiques du genre. J’adore cette ambiance mais je n’ai pas accroché.

Pourquoi ? Irais-je jusqu’à dire que Blood ties est sans âme ? A aucun moment, je n’ai ressenti la moindre émotion. Ni peine, ni tension, à peine un sourire. S’il n’y a pas de pathos, il n’y a pas vraiment d’humour non plus et le tout est plutôt plat. J’aurais voulu me passionner pour le destin de ces hommes, autant pour le flic que pour le malfrat. J’aurais voulu ressentir de la peine pour leurs femmes et même pour le personnage incarné par Marion Cotillard, femme délaissée, droguée et qui fait le trottoir. Mais non, aucune empathie dans mon petit cœur sec. J’étais impassible, comme anesthésiée.

En bref, je ne peux pas dire que j’étais déçue étant donné que je n’en attendais rien. Malgré tout, j’ai l’impression que dans ce film, Canet a plus soigné la forme que le fond. Son film a la classe mais est loin d’être passionnant. C’est un peu comme si le projet avait été trop ambitieux pour lui. A aucun moment, l’histoire n’atteint l’intensité qu’elle aurait méritée.

2 comments

    • Audrey says:

      Je l’ai ressenti aussi mais j’avais quand même envie de le voir, histoire d’être détrompée. Mais bon… je suis malgré tout contente de l’avoir vu pour m’être fait un avis dessus. Sinon, ça serait resté un regret.

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.