Critique Blanche neige doit mourir

Je crois que c’est la première fois que je me plonge dans un livre allemand. Ce sont évidemment le titre et le dessin de la couverture qui m’ont attirés. Ils étaient suffisamment mystérieux pour m’intriguer… !! Ce polar a connu un succès monstrueux en Allemagne. Il s’agit de la deuxième histoire mettant en scène le duo Pia Kirchhoff et Oliver von Bondenstein. Si vous avez aimé ces personnages, vous les retrouverez donc dans Flétrissure.

L’histoire de Blanche neige doit mourir se déroule au cours de l’année 2008. Presque 11 ans plus tôt, le village d’Altenhain a été frappé par un double drame : les jeunes Stéphanie et Laura ont disparu. Des indices et des preuves accablaient durement le jeune et beau Tobias Sartorius (qui n’était autre que l’ex amoureux des deux filles) bien que les corps n’aient jamais été retrouvés. Sorti de prison, Tobias retourne directement dans son village natal et découvre que tout y changé. Mis au banc de la société, ses parents sont devenus des parias. L’ancienne bonne humeur des villageois n’est plus qu’un souvenir. Son retour déchaine d’ailleurs les passions dans le village. C’est à peu près à ce moment là qu’on retrouve un squelette humain dans une ancienne cuve de carburant. Une femme est balancée du haut d’un pont. La jeune Amélie disparait… Les policiers Pia Kirchhoff et Oliver von Bondenstein rouvrent alors une enquête qui semble loin d’être close…

J’ai les 500 et quelques pages de l’édition de poche en une semaine exactement, preuve que je ne l’ai pas lâché. Le récit se déroule jour après jour. Une journée de passée = un chapitre. Dans chacun d’entre eux, l’écrivain joue avec ses lecteurs et change de narrateur quand bon lui chante afin de nous faire découvrir différents points de vue au fil des pages. Ce mode opératoire évite l’ennui et nous maintient véritablement en haleine… Nous découvrons alors peu à eu toute une galerie de personnages aux profils très réalistes.

Il faut évidemment souligner que l’intrigue est vraiment bien menée. Elle est progressive et nous balance de rebondissement en rebondissement… Au bout d’un moment, tous les villageois, quelle que soit leur nom ou leur classe sociale nous semblent être des suspects potentiels. La vérité n’est jamais là où elle semble être… Tout comme le duo d’enquêteurs, nous sommes perdus et ne savons plus à saint nous vouer mais on comprend vite qu’une terrible loi du silence pèse sur tout Altenhain.

L’auteure surfe constamment sur la vague « menons l’enquête mais intéressons nous aussi à la vie des enquêteurs ». Ainsi, Pia et Oliver sont plus que deux entités policières ne vivant que pour leur travail, ils sont également des personnes avec leurs problèmes personnels, leurs états d’âme. L’équilibre entre polars et blabla sur la vie quotidienne est plutôt bon, l’un nourrissant l’autre avec modération. En bref : il y a suffisamment de détails pour rendre ces personnages attachants mais c’est l’enquête policière qui prime.

J’ai beaucoup aimé lire Blanche neige doit mourir mais, assez paradoxalement, je n’ai pas été bluffée par cette lecture. J’estime que l’histoire est bonne, que le rythme est bien mené, que c’est relativement bien écrit (et apparemment bien traduit) mais il y a quelque chose qui m’a dérangée. Peut être que l’histoire n’est pas très très originale… L’auteur ne révolutionne absolument pas le genre du polar. Peut être aussi qu’à la longue, j’ai été un peu « saoulée » par les noms allemands. Lors des premiers chapitres, j’en étais presque au point de me faire une fiche tant j’oubliais qui était qui. Il faut dire que ce roman brasse beaucoup de personnages et les secondaires ne sont pas les moins intéressants, bien au contraire !

Voilà donc une critique évasive pour un polar dont je conseille malgré tout la lecture ! C’est sciemment que je n’ai rien révélé de l’intrigue car le but ici n’est pas de dévoiler tout l’intérêt du bouquin !

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