Critique Blackbird

Sortie : 12 juin 2013

J’ai commencé la fête du ciné par le visionnage de Blackbird, un film canadien qui était particulièrement bien noté sur le net.

Dans Blackbird, on nous raconte l’histoire de Sean, un adolescent au look un peu particulier. Décalé, solitaire, il se teint les cheveux en noir et porte des blousons à clous. A l’école, il est le souffre-douleur officiel de l’équipe de hockey mais se heurte également à l’incompréhension générale. Pour se soulager un peu de tous ses maux, il s’amuse à écrire des scénarios de vengeance sur le net. Un jour, les flics débarquent chez lui, alertés par dieu sait qui. Quand ils trouvent toutes les armes de son père (un chasseur), leur sang ne fait qu’un tour. Armes + récits sanglants : tout le monde est persuadé que Sean préparait le massacre de son école.

Vous l’aurez sans doute compris, Blackbird parle d’humiliation, de harcèlement, du fait d’être différent, du principe de précaution parfois ridicule et de l’affreuse nécessité de gommer ses particularités pour rentrer dans le moule pour avoir la paix (ou pas d’ailleurs). Dans Blackbird, l’empathie avec le personnage principal est totale et immédiate. Sean est peut-être différent mais cela ne fait pas de lui un criminel sanguinaire. Loin d’être ambigu, ce personnage est peut-être le plus net et le plus franc de tous : à aucun moment tu ne doutes de sa bonne foi.

Tout au long de son parcours initiatique, Sean naviguera entre la case prison et la case maison, blessé par l’arrogance et la violence de vrais méchants et les regards lourds de sens que tout le monde lui lance en ville. Connor Jessup, l’adolescent qui joue Sean, nous livre une prestation toutes en nuances et en retenue…donc bien loin des clichés habituels de l’adolescent nerveux et gueulard. Impossible de ne pas s’intéresser à son sort et surtout, de ne pas s’énerver contre la bande d’incapables qui l’entourent.

La réflexion sur les dérives sécuritaires d’une société aseptisée et uniformisée est constante tout au long du film. L’engrenage tragique du système judiciaire est également mis en avant dans le sens où on nous raconte comment un mec qui n’a rien à faire là s’en sort avec les petits malfrats qui eux… ne sont pas là pour rien.

Dommage que l’histoire alterne constamment entre passé et présent. Ce type de mise en scène tue un peu le suspens et l’intensité de l’histoire qui aurait, du moins à mes yeux, mérité quelque chose de plus linéaire. Du coup, pour être honnête, j’ai beaucoup aimé Blackbird mais je n’ai pas eu de coup de cœur.

En bref, malgré son sujet un peu délicat et oppressant, Blackbird n’est pas un film triste pour autant : l’espoir rôde et on espère sincèrement que Sean va finir par s’en sortir (même si tout porte à croire qu’il n’est pas encore vraiment sorti d’affaires). Ce film aurait pu être cliché ou nous réserver des passages mièvres : ce n’est absolument pas le cas et cela fait sa force. Il s’agit du premier film de Jason Buxton, un réalisateur à suivre dans les années à venir.

2 comments

  1. Audrey says:

    Je t’avoue que je n’en avais entendu parler nulle part… J’ai juste beaucoup accroché sur le résumé en lisant le programme ciné.

    Cela dit, il vaut vraiment la peine d’être vu.

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