Critique Biographie de la faim, Amélie Nothomb

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« J’inventai le sorbet nival : je pressais des citrons, j’ajoutais du sucre et du gin, j’allais dans la forêt avec cet élixir, je choisissais une belle neige épaisse, poudreuse et vierge, je versais dessus la potion, je sortais ma cuiller et je mangeais jusqu’à me saouler. Je rentrais avec plusieurs grammes d’alcool dans le sang, le cœur brûlé par l’excès de neige. »

 

En grande fan d’Amélie Nothomb, je ne rate jamais ses nouvelles parutions. Chaque année, entre août et septembre, je sais que son nouveau livre sera mien et que je mettrai quelques heures à peine pour en venir à bout. J’attends le prochain avec impatience ! Dernièrement, j’ai réalisé que cet amour était vieux. Comprendre : certains romans ont été lus il y a plusieurs années. En toute logique, j’ai décidé d’en relire certains de temps en temps, entre deux nouvelles lectures. J’ai donc commencé par celui que j’aime par-dessus tout : Biographie de la faim (relu au moins 2 fois ces 10 dernières années).

Pourquoi ?

Et bien c’est simple : les romans où Nothomb parle de son enfance sont toujours les meilleurs, les plus savoureux et dans Biographie de la faim (publié en 2004), l’auteur revient sur les premières années de sa vie. Du Japon inoubliable (véritable paradis perdu dont elle a été arrachée à 5 ans) à son retour à Tokyo, à 21 ans et diplômée. Entre temps, le métier de son père, un diplomate belge, lui a permis de vivre en Chine, à New York, au Bangladesh, en Birmanie… des destinations terriblement différentes et pleines de contrastes qui ont marqué sa vie, d’une manière ou d’une autre.

Bien sûr, les passages que j’ai toujours préféré sont ceux qui concernent le Japon (forcément). C’est notamment à cause d’eux que je suis allée chercher ce bouquin dans ma bibliothèque (de plus en plus dodue, il faut bien l’avouer). Mais les quelques années de vie à New York sont également parmi les plus intéressants (d’autant plus que j’ai visité la ville il y a deux mois). On lit les descriptions différemment quand on a eu la chance de marcher au même endroit.

Biographie de la faim est donc conçu comme une autobiographie et ce, bien qu’Amélie Nothomb ne la considère pas comme parfaite et donc, fidèle à ce qu’à vraiment été sa vie. A savoir qu’aucun élément raconté n’est selon elle, fictif. Démêler le vrai de l’exagéré ne m’intéresse d’ailleurs pas plus que ça. La faim (les désirs, la potomanie, les délices de la table et notamment l’amour du sucre) et la non-faim (le refus des désirs, le refus de son corps, l’anorexie) en sont les thèmes principaux. A voir si l’histoire du passage de l’enfance à l’adolescence vous parle ou pas !

C’est original, rocambolesque, souvent drôle, parfois cruel… c’est du Amélie Nothomb tout craché, même si ce n’est pas le meilleur d’un point de vue littéraire (certains de ses romans sont plus dérangeants et donc, plus mémorables). Pour en saisir toute l’importance, toute la beauté et toute la drôlerie, il est inutile d’en parler 107 ans… il faut tout simplement se plonger dans cette lecture !

3 comments

  1. Zofia says:

    Quoiqu’on en dise, Amélie Nothomb est vraiment une auteure à part, différente, avec une plume impossible à copier. Et des histoires qui même si partent de sujets banals comme une histoire d’amour, sont toujours originales et prennent un jeu inattendu. Je n’ai pas encore lu tous ses livres, notamment les derniers et quelque uns plus anciens, mais je sais qu’ouvrir un Nothomb est toujours un plaisir 🙂
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    • Audrey says:

      Je sais qu’elle a ses détracteurs mais perso, même si je suis parfois déçue par ses romans, j’ai toujours hâte de la retrouver. J’aime le fait qu’elle soit très prolifique et vivante car cela promet encore de longues années de lecture !

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