Critique Un beau dimanche

Sortie : 5 février 2014

Je me souviens qu’à l’époque, j’ai failli aller voir Un beau dimanche à la place de Lulu femme nue. Je ne regrette pas mon choix car ce dernier était très bon. J’ai néanmoins décidé de découvrir le premier, histoire de ne pas finir trop bête.

J’ai donc découvert l’histoire de Baptiste, instituteur dans le sud de la France et terriblement mystérieux et solitaire. Etre titulaire dans une école ? Surement pas. Il préfère les remplacements pour changer d’établissement le plus souvent. Un vendredi soir, il se retrouve avec Mathias, un de ses élèves, sur les bras. Après un passage chez le père, il le ramène chez sa mère, Sandra, serveuse sur une place près de Montpellier. Elle est jeune, elle est belle mais elle n’a pas vraiment eu une vie très équilibrée ou stable. Il va rester. Le charme opère entre eux. Ces trois êtres, un peu paumés au milieu de la foule, vont finalement se créer une famille de substitution le temps d’un long weekend.

J’ai bien aimé Un beau dimanche, film délicat et intense qui plonge au fond des blessures de ses personnages sans jamais sombrer dans la facilité ou le dramatique de bas étage. D’emblée, j’ai été intriguée par le personnage de Baptiste qui semble vivre au jour le jour, fuyant les autres humains (et accessoirement, sa propre famille) pour des raisons qu’on apprendra qu’à la fin. De son côté, Louise Bourgoin campe une Sandra assez « brute », sensible mais sans illusions (et avec des tatouages moches).

Comment ne pas se sentir touché par les douleurs, les rancœurs et les blessures de Baptiste et de Sandra, venus de milieux différents mais rapprochés par les épreuves vécues dans leurs vies respectives ? Il y aura finalement beaucoup plus de non dits que de paroles mais on devine leurs histoires difficiles. Cela fait marcher l’imagination.

Côté scénario, c’est assez simple et linéaire. On suit Baptiste et les autres sur trois jours. Et puis voilà. Vous trouverez peut être ça ennuyeux, qui sait. L’important n’est finalement pas l’histoire mais la naissance d’une relation entre cet homme, cette femme et cet enfant. C’est tout. Il faut bien entendu y ajouter les paysages du sud de la France qui donne un côté estival très agréable au film.

Un beau dimanche ne plaira pas à tout le monde parce c’est un film finalement assez lent et surtout, assez épuré. Il ne s’y passera pas grand-chose, il n’y a pas grandes scènes ou de grands épanchements mais il a ce petit quelque chose en plus qui lui donne tout son charme. J’ai aimé son aspect réaliste (difficultés sociales, financières, problèmes de couple…) et son aspect plus romanesque (prendre la route avec des inconnus, se rendre dans un manoir, passer la journée à la plage…). En bref, il sonne juste, il sonne vrai, il est sans chichis mais pas inoubliable.

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