Critique BD La page blanche, de Pénélope Bagieu et Boulet

Cela faisait un long moment que je voulais lire La page blanche, fruit d’une collaboration plutôt intrigante entre Pénélope Bagieu (au dessin) et Boulet (au scénario).

Je manque cruellement de temps en ce moment et de ce fait, ne pourrai rentrer dans les détails mais je conseille vivement l’achat du format Livre de Poche. Ou comment s’offrir une BD à 8 euros. Je connaissais déjà ce format et pour ce type de BD (jolie mais pas forcément ma tasse de thé question dessins), je le trouve particulièrement avantageux.
Mais passons à l’histoire à proprement parler.

Nous rencontrons Eloïse, une jeune femme complétement paumée. Et pour cause ! Elle vient de se « réveiller » sur un banc public, à la tombée de la nuit. De sa vie, de sa petite personne, elle ignore tout. Qui est-elle ? Que faisait elle sur ce banc avant de se déconnecter ? Mystère. Dans son sac, elle a son adresse et des tickets de métro. La voilà partie vers une vie dont elle ignore tout et qui semble pourtant être la sienne.

Verdict ?

J’avais vite décroché de Cadavre Exquis, une autre Bd de la Bagieu et je dois reconnaître que La page blanche lui est franchement supérieure. J’ai retrouvé avec plaisir le style frais et très féminin de Pénélope, cet univers très coloré, ces petits détails amusants qui caractérisent son travail. Côté histoire, dans un premier temps je me suis vraiment prise au jeu. J’ai suivi avec intérêt l’enquête d’Eloïse, ses délires, ses inquiétudes. J’ai dû me retenir pour ne pas lire la bd d’une traite ! Je voulais éviter de la bouffer trop vite ! Mais le dernier tiers de la BD m’a beaucoup moins convaincue.

Pourquoi donc ?

Parce que finalement, l’histoire n’avance pas des masses. Trop de mystère tue le mystère les enfants ! On reste sur notre faim. Et puis cette fin mon dieu ! Un vrai crime ! Une pirouette bête. Une vide abyssal. Au regard de cette conclusion que certains ont qualifiée d’audacieuse, l’histoire dans son intégralité perd en intérêt, en sens. Tout ça pour ça. Quelle déception !A mes yeux, elle est terriblement maladroite et bizarrement amenée.

Si j’ai bien compris, cette petite histoire se veut donc critique. Et la cible de la critique, c’est notre fameuse méchante société trop conformiste, trop standardisée. On cible plus précisément les gens qui lisent les bouquins qu’il faut lire (Marc Lévy, t’es en ligne de mire mon gars) ou qui se gavent des films américains à la mode. Ok, on est plutôt d’accord sur ce point-là. Même si entre nous, il vaut mieux lire du Lévy que rien lire du tout.

Malgré tout, je ne peux m’empêcher de m’étouffer légèrement en repensant à ces dernières pages. Critiquer la culture de masse, je trouve ça plutôt ironique de la part de ces deux auteurs là, pas vraiment réputés pour être underground (surtout que la BD en question est restée très très longtemps en tête de gondole à la Fnac). On se fout de qui là ?

En somme : un bande dessinée qui se laisse bien lire, agréable de A à W.

Dommage qu’il n’existe pas de fin alternative, comme dans certaines séries !

6 comments

    • Audrey says:

      Moi j’aime pas du tout mais tu as le droit ! 😉 C’est là où le discours un peu élitiste est débile : on peut aimer Marc Lévy et lire autre chose aussi ! :-/ C’est pas parce que c’est aimé par beaucoup de gens que c’est forcément de la merde.

      [L’héroïne bosse dans une « librairie » style la fnac ou cultura et les gens viennent constamment lui demander où est le dernier Marc Lévy OU ALORS on lui demande des bouquins plus « classiques » en faisant des erreurs sur les titres ou les auteurs.]

    • Audrey says:

      J’aimais bien le blog de Bagieu que je lisais vraiment avec beaucoup de plaisir mais je ne suis pas certaine qu’elle soit très convaincante sur du format plus long. A chaque fois, je suis un peu déçue. N’empêche que j’ai quand même aimé cette BD pour son côté léger, coloré. Pour moi, ça se lit comme un magasine. Rapidement et sans prise de tête.

  1. Clownface says:

    Justement, c’est pas le prix d’un magazine…
    Et comme tu le dis Bagieu, sur du long format, je suis pas convaincu. Mais assez peu de blogeuses BD me plaisent au final… Margaux Motin est l’une des rares.

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