Critique Barcelona de Daniel Sanchez Pardos [Challenge des 12 thèmes]

Ce mois-ci, le challenge des 12 thèmes nous demandait de lire un pavé, soit un livre de 500 pages au minimum. J’ai réussi le pari avec un roman de 620 pages !

Je n’avais pas beaucoup de choix dans ma PAL car beaucoup de mes livres s’arrêtent à 400 pages environ donc ça a été vite vu.

Écrire la chronique qui suit est un crève cœur pour moi car j’avais envie d’adorer ce roman. Et je l’ai aimé, pour bien des raisons mais sans être capable d’aller au-delà de ses défauts majeurs. À mes yeux, il a rempli à moitié ses promesses et je ne sais plus vraiment si j’ai envie de le conseiller quand même ou, au contraire, de le déconseiller.

C’est une question de perspective, j’imagine, lâcha-t-il enfin. Vous êtes arrivés à Barcelone depuis la ville la plus peuplée du monde, moi depuis un véritable village de pêcheurs et de boutiquiers, ou d’agriculteurs et de boutiquiers. Pour moi, Barcelone est exactement l’opposé de ce que vous avez dit. Ici, personne ne connaît personne, personne ne parle de personne, et personne ne juge personne, car personne ne compte pour personne.
Gaudi but une gorgée de xérès avant de compléter :
– C’est ce que j’aime à Barcelone.
– L’anonymat ?
– La liberté.

Résumé éditeur

Après plusieurs années d’exil en Angleterre avec sa famille, Gabriel Camarasa regagne l’Espagne alors consumée par les luttes de pouvoir. Étudiant en architecture à Barcelone, il se lie d’amitié avec un élève un peu plus âgé que lui : Antoni Gaudí. Une personnalité insaisissable, d’une érudition étonnante, et qui a un penchant pour les disciplines ésotériques. Les deux jeunes gens deviennent vite inséparables.
Mais quand la vie tranquille de Gabriel se voit perturbée par un assassinat – dont on accuse son père, le directeur du journal tapageur Les Nouvelles illustrées –, le jeune homme en vient à douter de tout son entourage. À commencer par Fiona, la femme qu’il aime, et Gaudí. Pourquoi son ami connaît-il si bien les bas-fonds de Barcelone et ses habitants peu recommandables ? Que fait-il la nuit parmi eux ? Et, surtout, que sait-il à propos d’une conspiration qui pourrait bien mener à la destruction de la célèbre basilique Santa Maria del Mar ?

Mon avis

Je ne vais pas vous faire croire que Barcelone est ma ville préférée au monde mais le fait est que j’y suis allée deux fois et que je l’ai beaucoup appréciée car c’est une ville très belle et super agréable à visiter. L’idée de la retrouver, telle qu’elle était à la fin du 19ème siècle, avec ses petites rues sinueuses, ses places magnifiques, ses monuments et le reste, eh bien… ça me tentait beaucoup ! Le fait que l’intrigue mêle le destin d’un personnage fictif, Gabriel, avec celui d’un personnage réel, soit Gaudi, n’était évidemment pas étranger à mon envie de lire ce livre.

Dans ce roman, l’auteur brasse bien des thèmes. Il est question de la famille avant tout, des tensions familiales, de la pression qu’un père peut mettre sur son fils, de la filiation… Mais on parle également de politique car l’intrigue est intimement mêlée à la situation de l’Espagne d’alors où la République, agonisante, est sur le point de laisser sa place à un nouveau roi. Anarchistes, républicains, monarchistes… Tout ce beau monde agit dans l’ombre pour mieux servir ses intérêts et mettre des bâtons dans les roues des projets des autres. Bien sûr, vous comprendrez qu’il y a du complot dans l’air…

Peinture, photographie, architecture, journalisme : nos personnages principaux, soit Gabriel, Gaudi et l’anglaise et rouquine Fiona ont tous leur petit (ou grand) talent et leurs dispositions artistiques font progresser l’intrigue et permettent à l’auteur de nous faire découvrir diverses disciplines.

Mais le roman parle aussi de trafics d’art, de paradis artificiels, d’amour également….

Vous l’aurez compris : c’est très riche ! Et c’est peut-être aussi un peu le problème…

Après avoir mis plus de 100 pages à entrer dans l’histoire, j’ai eu un gros sursaut d’intérêt pour le roman avant que mon intérêt retombe carrément à la fin du second tiers pour enfin remonter en flèche dans les 30 dernières pages où tout s’accélère… Figurez-vous que le meurtre dont il est question dans le résume n’intervient qu’à plus de 200 pages… Vous voyez un peu ? J’adore quand les romans prennent le temps de poser les personnages mais il y a un moment quand faut y aller, faut y aller !

Est-ce que je regrette d’avoir lu ce roman malgré tout ? Paradoxalement : absolument pas ! Certaines choses m’ont vraiment ennuyées mais le positif que j’y ai trouvé s’équilibre bien avec le négatif donc s’il s’agit malgré tout d’une lecture mitigée, j’ai été heureuse de le découvrir.

En quelques mots,

Le roman de Daniel Sanchez Pardos est un roman vraiment bien écrit (aussi bien dans les descriptions que dans les dialogues), vraiment bien documenté. On plonge la tête la première dans la Barcelone à la fin du 19ème et c’est franchement dépaysant, passionnant, intéressant… Bref, tout ce que vous voulez qui termine en « ant ». Mais voilà, ce roman est aussi chiant sur les bords, surtout si on s’attend à suivre une enquête passionnante. Car l’enquête n’en est pas vraiment une, tout va très lentement, les personnages sont franchement bavards par moment et j’ai été déçue par le personnage de Gaudi. Finalement, cet étudiant en architecture, un peu bizarre, aurait pu être n’importe qui. Le fait que ce soit Gaudi ne change que le regard que nous portons sur lui car nous savons que ce gars va faire de grandes choses dans les décennies à venir. Sinon, rien de son travail ou de ses grands projets futurs ne sera évoqué.

À mes yeux, Barcelona n’est pas un thriller. C’est à peine un policier historique. Alors si vous recherchez une enquête bien carrée, voire du frisson, passez votre chemin. Si vous aimez les romans historiques et Barcelone et que l’enquête ne vous intéresse pas particulièrement (et que vous êtes prêts à prendre votre temps), vous apprécierez certainement ce roman car il a de très belles qualités.

4 comments

  1. A-Little-Bit-Dramatic says:

    Dommage ! 😉
    J’espère que ta lecture de juillet sera meilleure.

    On ne peut malheureusement pas tout aimer mais c’est vrai que des fois, certaines déceptions sont plus amères que d’autres, surtout quand on a commencé le livre avec beaucoup d’attentes et d’enthousiasme. En tous cas, tu es venue à bout des 620 pages, bravo ! 😉
    A-Little-Bit-Dramatic Articles récents…La Mer en Hiver ; Susanna KearsleyMy Profile

    • Audrey says:

      Malgré tout, si au début j’avais peur de ne pas terminer, j’ai quand même tenu jusqu’au bout ! C’est déjà bien 🙂
      Peut être que pour son prochain roman, l’auteur saura me séduire ! Car l’histoire a de belles qualités, c’est juste l’exécution qui me semble plus problématique… Mais je sais que certains ont trouvé le livre à leur goût. Beaucoup l’ont également trouvé beaucoup trop lent..;

  2. zofia says:

    Je suis contente que tu aies réussi à le finir malgré tout !
    Une fois qu’on connaît ses défauts, il est peut-être plus facile de l’apprécier… tu sais qu’il me tentait beaucoup, maintenant je sais à quoi m’attendre et je ne vais pas espérer un thriller bourré d’adrénaline. Quoiqu’il en soit, je le garde quand même dans ma liste d’envies pour Barcelone et Gaudi.
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