Critique Antéchrista, Amélie Nothomb

En vérité, les êtres comme Sabine et moi étaient coupables : au lieu d’aller vers leurs semblables et de se réconforter mutuellement, ils aimaient au-dessus de leurs moyens – il leur fallait des individus à mille lieues de leurs complexes, il leur fallait des Christa, des personnalités séduisantes et rayonnantes. Et ils s’étonnaient ensuite que leurs amitiés se portent mal, comme si ça pouvait marcher, une panthère avec une souris, un requin avec une sardine.

amelieantechristaRésumé

Blanche a 16 ans et vient de rentrer à la fac. Elle est une fille banale, voire totalement renfermée et n’a pas d’amis. Christa a elle aussi 16 ans. Comme Blanche, elle a intégré l’université plus tôt que la moyenne mais n’a pas les soucis de cette dernière : charismatique, séductrice, populaire, elle attire tout le monde et s’est bien intégrée. Un jour, Christa regarde Blanche et vient lui parler. Blanche ne croit pas à sa chance ! Les deux jeunes filles deviennent peu à peu amies mais… Pour lui plaire, Blanche va tout lui donner. Christa, elle, semble avoir une définition bien particulière de l’amitié.

Mon avis

J’ai lu Antéchrista il y a plusieurs années, lors de sa sortie en 2003. Je crois même qu’il est le premier Amélie Nothomb que j’ai lu « en direct » au moment de sa sortie et non pas en me plongeant dans la bibliographie d’une auteur que j’avais découvert en ouvrant Stupeur et tremblements.

A l’époque, toute jeune étudiante, j’avais forcément apprécié de suivre les aventures de ces deux filles dont le statut ressemblait beaucoup au mien. Bien sûr, je me comparais un peu plus à Blanche, la timide, qu’à Christa la manipulatrice/séductrice. Mais j’ai su apprécier ces personnages à leur juste valeur. Christa restait fascinante de par sa cruauté. Sous ses airs fragiles et insignifiants, Blanche avait quant à elle un parcours assez intéressant.

Vous le savez (ou pas), j’aime beaucoup le style d’Amélie Nothomb. J’aime beaucoup sa manière de raconter les histoires et dans ce court roman, j’ai retrouvé toute l’efficacité qui a su me séduire dans le passé. Pas besoin de grands discours ni de 600 pages pour raconter l’histoire d’une amitié toxique. Le tout se lit vite, avec un plaisir non dissimulé. Peut-être pas le Amélie Nothomb le plus marquant mais une intrigue qui me rappelle forcément d’autres histoires (enfin des films, pas des livres !) comme My summer of love ou plus récemment Respire où une jeune fille cherche à prendre l’ascendant sur une autre, souvent plus naïve et gentille. J’aime beaucoup ce thème !

Si les critiques de ces deux films vous intéressent, n’hésitez pas à cliquer sur les images !

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9 comments

  1. Zofia says:

    J’avais bien aimé celui-là, enfin d’ailleurs il y en a plus que j’aime bien que je n’aime pas ^^
    Je n’ai pas vu Respire mais il me tente car comme toi, j’aime bien ce thème.

  2. Eliness says:

    Tout comme toi j’avais découvert la plume de Nothomb avec grand plaisir étant adolescente, puis je m’en suis lassée. Ça m’a fait sourire de te lire chroniquer Antechrista, puisque je l’ai moi-même relu il y a peu sous le conseil d’une amie. J’y ai admiré ce style d’écriture direct et limpide qui me plaît tant, même si je reconnais que ce n’est pas le roman qui m’a le plus marquée d’elle. J’ai envie de revenir à Stupeur et Tremblements et surtout à Métaphysique des Tubes qui est celui que je préfère.

    Je devrais lire des livres récents d’elle ! Je craignais qu’elle soit devenue une machine à pondre pour les rentrées littéraires, mais je reconnais que c’est un préjugé facile, il est grand temps que je me fasse ma propre opinion.
    Eliness Articles récents…Londres en imagesMy Profile

    • Audrey says:

      C’est marrant, Métaphysique des Tubes a toujours été mon préféré aussi ! 🙂
      C’est ma prochaine relecture nothombienne de prévue !
      En toute sincérité, même en tant que grande fan d’Amélie, je reconnais que ces dernières années ne sont pas les plus intéressantes… Voilà bien longtemps qu’un bouquin de Nothomb ne m’a pas enthousiasmée comme c’était le cas à la fin de l’adolescence…et à la fac.
      Alors évidemment, j’ai grandi et mes goûts ont évolué mais quand même, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent, à quelque exceptions près, bien entendu !

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