Critique Anna Karénine – Partie 2 –

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J’ai vu deux adaptations ciné d’Anne Karénine (celle de 2012 puis une plus ancienne avec Sophie Marceau dans le rôle titre).

Force est de constater que les deux films ont principalement retenu la trame romantique au détriment… de tout le reste. En somme, ce roman très dense de presque 1000 pages est bien souvent réduit à un personnage, Anna, et au récit d’une passion amoureuse dévastatrice entre cette dernière et Vronsky (bon, je grossis volontairement le trait mais on en est pas loin en réalité…).

Du coup, dès les premières pages du roman, j’ai vite compris que la vision que j’avais de l’histoire était assez faussée.

Stupeur ! L’histoire ne s’ouvre pas avec Anna mais avec Stiva Oblonski, le frère de cette dernière. Mari volage et récemment découvert par sa femme, Dolly, il ne sait plus comment recoller les morceaux de son couple et Anna vient plaider sa cause auprès de sa belle-sœur. Pour ce faire, elle a quitté pour quelques jours son mari, Alexis Karénine, un haut fonctionnaire russe, et Serge, leur jeune fils. Sur place, elle va notamment rencontrer la jeune Kitty, une belle adolescente de 18 ans courtisée par deux hommes :

  • Alexis Vronski
  • Constantin Lévine

Vronski est celui par qui le scandale arrive car elle va vite tomber amoureuse de l’officier. Lévine est quant à lui le second pilier du roman et pour cause : on va suivre ses amours (d’abord contrariées) puis son évolution personnelle et intime (par rapport à son domaine, sa famille et la religion).

Ce qu’il y a d’assez « marrant » c’est que les deux personnages principaux, soit Anna et Lévine, évoluent dans les mêmes sphères (du moins, ont des connaissances communes) mais ne se rencontrent jamais. Ou presque. Ils évoluent un peu comme dans deux histoires en parallèle. Il faudra attendre la seconde partie de l’œuvre pour que Lévine, alors engagé auprès de Kitty, rencontre Anna.

Autour de ces deux protagonistes gravite un panel de personnages assez impressionnant. On pourrait dire que certains sont plus développés que d’autres mais Tolstoï semble les traiter avec le même intérêt et pourrait-on dire, le même respect. Ainsi, un personnage comme Dolly (de son vrai prénom Daria, la belle sœur d’Anna et la sœur de Kitty), s’il n’est pas sur le devant de la scène, bénéficie quand même de très belles scènes et permet d’introduire ce qui semble être l’une des problématiques du livre : la famille, le couple et plus largement, la femme dans le couple. Il n’y a guère que Kitty et Lévine pour former un couple équilibré et parti sur de bonnes bases. Les autres sont plutôt malheureux et en ce sens, le roman est d’une grande noirceur.

L’auteur a fait le choix de traiter tous ses personnages de front. Donc tous en même temps. Nous les suivons tous, les uns après les autres ce qui nous permet de changer de point de vue à chaque fois. Forcément, c’est plaisant de passer d’Anna à Kitty puis de revenir vers Lévine pour repartir du côté de Vronski. Je ne suis généralement pas fan de ce genre de changements car cela me fatigue mais sur 1000 pages, pouvoir changer de décor à chaque personnage est une véritable bouffée d’air frais !

Fin de la seconde partie.. je parlerai plus précisément du personnage d’Anna dans la 3ème

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