Critique Ainsi puis-je mourir, Viviane Moore

En ouvrant ce roman, j’étais persuadée que le coup de cœur allait sonner à ma porte. Force est de constater que ça n’a pas été le cas. Si je l’ai ouvert avec enthousiasme, je l’ai traîné pendant près de 15 jours en ayant beaucoup de mal à aller au bout.

Ainsi-puis-je-mourir

Au début de l’histoire, la jeune et naïve (et romancière) Gabrielle Dancel épouse le mystérieux Philip Sedley. Ils se connaissent à peine et après un voyage de noces idyllique en Italie, Philip la ramène dans son manoir en Normandie. Gabrielle (Jeanne, de son vrai prénom) connaît déjà Tourlaville. Elle est une enfant de la région et a grandi à deux pas de là, avec une grand-mère analphabète. Elle a toujours rêvé d’en être la châtelaine…

…mais la réalité est plus compliquée. Gabrielle a du mal à trouver sa place au château. Pour s’occuper, elle se lance dans l’écriture d’un nouveau roman mettant en scène Julien et Marguerite de Tourlaville (une histoire authentique). Ces frère et sœur du 16ème siècle ont vécu un amour tragique et/ou incestueux au cœur même de ce manoir. Ils ont été exécutés pour ça.

Gabrielle navigue constamment entre un présent compliqué et un passé qui la passionne mais qui la perturbe également. A bien des égard, elle a l’impression que l’histoire est en train de se répéter…

Mon avis

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ce livre qui m’a immédiatement fait penser à celle de Rebecca, de Daphné du Maurier. Un couple récemment marié, une héroïne timide et naïve, un homme peu loquace, un domaine magnifique, du mystère…

Mais à mes yeux, les similitudes s’arrêtent là. Malheureusement.

Il faut savoir que le récit alterne entre la vie de Gabrielle au château et des chapitres consacrés à son roman que l’on lit comme tels et qui se consacrent à la vie de Marguerite et de son frère Julien. Nous sommes donc d’un côté au 16ème siècle, de l’autre : à notre époque.

Peut-être pensais-je un peu trop à Rebecca ? Le fait est que j’avais du mal à réaliser que Gabrielle était une femme du 21ème siècle. Dès qu’il était question de téléphone portable ou d’ordinateur, j’avais comme un éclectroc. Car le personnage en lui même, sa vie au château (avec domestiques et soubrette) et ses rapports étranges (et très soumis) avec son mari qui lui impose son mode de vie, ne me semblaient pas compatibles avec ce que doit être une femme de notre époque (comprendre : une femme indépendante, libre, adulte !). Et encore moins avec une femme de mon âge (du moins j’imagine que Gabrielle s’en rapproche).

Gros souci avec les chapitres « modernes », donc. Mais aussi avec les chapitres qui retracent l’histoire du passé !

Pour tout vous dire, l’histoire d’amour incestueuse entre Julien et Marguerite, bien qu’historique, ne m’a pas passionnée plus que ça. N’ayant pas de frère et ne pouvant d’ailleurs pas concevoir qu’on puisse être amoureuse de son frère, je n’ai pas vraiment réussi à m’impliquer dans le récit même si je reconnais que Marguerite ne manque ni de courage, ni de caractère (tout à fait ce qui manque à Gabrielle d’ailleurs).

Les passages traitant du Moyen-Age sont écrits avec soin, précis, mais ne m’ont pas transportée.

A ces critiques, strictement personnelles, j’ajoute également un petit bémol au sujet du dénouement de l’histoire que j’ai quand même trouvé pas mal tiré par les cheveux. Tout ce délire entre Philip et Terry mais aussi toute l’intrigue avec Mathias… sincèrement, c’est tout sauf crédible. Puis la tension, qui montait crescendo, retombe comme une soufflé avec une fin traitée de manière expéditive…

Impossible d’y croire, pour ma part !

Ainsi puis-je mourir n’est pas une lecture qui me laissera un souvenir impérissable. La couverture du livre est magnifique, l’ambiance est mystérieuse à souhait mais l’histoire est trop lente et pas assez crédible ! De plus, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à l’héroïne, trop molle et trop passive à mes yeux !

4 comments

    • Audrey says:

      Le résumé est hyper attrayant.
      Mais j’ai trouvé le livre vite ennuyant. Et la fin m’a vraiment parue mal foutue. Cela dit, vu les nombreuses critiques positives le concernant, mon avis est loin de faire l’unanimité.

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