Critique Humeur noire à Venise, Olivier Barde-Cabuçon

J’avais adoré les 3 premiers tomes des enquêtes du commissaire aux morts étranges. Mais vraiment aimé. Du genre à rester collée à mon bouquin pendant plusieurs heures. Du genre à enchaîner deux tomes en un weekend. Mais j’ai été un peu déçue par le 4ème : Humeur noire à Venise.

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Résumé

Le moine est en dépression. Il ne mange plus, il ne dort plus. Il se laisse mourir et Volnay, notre fameux commissaire, commence à sérieusement s’inquiéter pour lui. Quand Chiara, la belle italienne rencontrée au volume 1, l’appelle à Venise, Volnay n’hésite pas : ce voyage peut requinquer le moine, il en est certain. Si Chiara veut voir Volnay, c’est pour le séduire à nouveau mais également pour résoudre deux affaires : on semble vouloir assassiner un comte de sa connaissance et 4 pendus ont été découverts sous les ponts de Venise.

Mon avis

La plume d’Olivier Barde-Cabuçon est toujours aussi élégante. Mine de rien, l’auteur nous propose une excellente reconstitution du Venise du 18ème siècle avec ses palais, ses grandes familles, ses enjeux politiques et économiques. Oui, ce volume est particulièrement documenté et riche en informations. On s’y croirait vraiment, l’ambiance est bien rendue et on apprend vraiment beaucoup de choses. Mais bon, malgré le charme sulfureux de Venise, je préfère quand même le Paris de Louis XIV ! Question de goût !
 Parfait d’un point de vue écriture et mise en contexte, ce nouveau volume est beaucoup plus triste et mélancolique que les 3 autres. La faute à la dépression du moine mais pas que. Nos personnages ont beau être à Venise, ville séduisante et colorée, l’ambiance n’est pas forcément à la fête. Volnay, après s’être un peu humanisé au cours de Tuez qui vous voudrez redevient froid, taciturne et donc, plutôt antipathique et le moine ne fait que s’appesantir sur sa jeunesse et son amour, tous deux perdus. Il est assez difficile de voir un personnage, auparavant si attachant et drôle, devenir dépressif. Un peu quand tu vois un ami, plutôt bon vivant, devenir l’ombre de lui même pour une raison ou pour une autre. Ça fait bizarre. Et c’est juste super triste.
Si j’ai été chagrinée par ce contexte mélancolique, j’ai également été un peu moins charmée par  l’identité presque théâtrale de l’œuvre. J’avais souvent l’impression de lire une pièce de Marivaux ou de Shakespeare et cela « gâchait plus ou moins la dimension policière du livre ». Là encore, c’est une question de goût car j’aime les polars passionnants, moins le théâtre.
 D’ailleurs, il faut bien l’avouer : dans ce volume, l’enquête passe un peu au second plan. Dans Messe noire ou Casanova et la femme sans visage, on plongeait directement dans l’intrigue. Là, il faut bien 100 pages pour que les choses commencent à être concrètes. Mais  les 200 pages et quelques suivantes ne seront pas forcément plus rythmées. L’affaire du comte occupe pas mal Volnay (même s’il n’avance pas d’un poil la plupart du temps) et l’affaire des pendus est oubliée durant tout le roman…pour revenir l’espace de quelques pages vers la fin.

En bref,

J’attendais beaucoup d’Humeur noir à Venise et j’ai été un peu déçue ! Je conseille malgré tout ce roman à ceux et celles qui connaissent Volnay et le moine et qui veulent poursuivre leur lecture de la série. Malgré une plume toujours aussi éblouissante et un décor absolument marquant, Olivier Barde-Cabuçon m’a un peu « perdue » avec cette nouvelle intrigue. Je lirais malgré tout avec plaisir la suite dès qu’elle sera sortie !

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