Critique Dallas Buyers Club

Sortie : 29 janvier 2014

J’ai raté Dallas Buyers Club au cinéma mais… j’ai pu le voir dans l’avion. Même si j’aurais aimé le voir dans de meilleures conditions, il aurait été VRAIMENT dommage de passer à côté de ce film inspiré d’une histoire vraie. Pendant 1h57, j’ai un peu oublié que j’étais nulle part dans le ciel, entre là-bas et ici.

Jean-Marc Vallée est un réalisateur que je suis depuis quelques années, sans forcément y prendre garde. Enthousiasmée par CRAZY en 2005, j’ai forcément craqué sur le film historique Victoria : les jeunes années d’une reine et vu avec beaucoup d’intérêt Café de flore en 2010 (bien que je ne me souvienne pas d’avoir été hyper séduite pour autant).

1986. Texas. Ron Woodroof a 35 ans et c’est un cow-boy. Fou de rodéo, arnaqueur, buveur, dragueur invétéré, c’est un vrai dépravé mais c’est un homme, un vrai, un dur. Le jour où il apprend qu’il est séropositif, sa vie bascule. Révolté par les solutions proposées par le corps médical, Ron cherche des traitements alternatifs, quitte à sombrer dans l’illégalité. Profondément homophobe et horrifié d’avoir la même maladie de ces hommes qu’il méprise pour leur sexualité, Ron va peu à peu ouvrir son esprit tout en luttant avec acharnement pour sa survie. Il créé le Dallas Buyers Club et rassemble des malades prêts à le payer cher pour obtenir les médicaments nécessaires.

Dallas Buyers Club m’a rappelé un autre film sur le sida dans les années 80-90, soit Les nuits fauves. Le réalisateur et acteur, Cyril Collard, était séropositif et est mort peu après la fin du tournage. Je l’ai vu assez jeune mais je me souviens de sa brutalité et surtout, des choses que j’ai appris sur cette maladie, sur les ravages du corps. Le propos et le point de vue sont évidemment différents dans le film de Vallée mais j’ai ressenti la même détresse chez les personnages atteints et surtout, ce désespoir quant à leur état et à leur avenir. Mettez-vous dans la peau de Ron l’espace de quelques secondes : tout allait bien (enfin presque) puis on vous annonce qu’il vous reste 30 jours à vivre ?

La tension dramatique est donc bien réelle et ne peut laisser indifférent. Pour autant, le réalisateur ne sombre jamais dans le pathos et dans la facilité. Au fond, cette histoire de vies en sursis, c’est terriblement triste et cruel mais loin d’être larmoyant. Côté acteurs, je retiens surtout les performances de Matthew McConaughey et de Jared Leto qui sont tous les deux extrêmement bons, excellents même ! D’une maigreur effrayante, ils se sont parfaitement coulés dans la peau de leurs personnages respectifs. Si Jared Leto incarne un personnage particulièrement touchant et émouvant (du moins à mes yeux), Matthew McConaughey est animé par une rage et une énergie qui ont rendu son personnage beaucoup plus ambigu… Sans de telles prestations et l’implication des acteurs, le film aurait certainement eu moins de poids.

Vraiment intéressant et très beau esthétiquement parlant, Dallas Buyers Club pourrait bien devenir un classique dans quelques années. Le récit est intéressant car riche en surprises, à l’image des dernières très surprenantes années de vie de Ron. Pas de happy end à la fin, on s’en doute bien mais ça ne rend le film que plus marquant. Voilà un dvd que je m’achèterai certainement lors de sa sortie !

3 comments

  1. lujena says:

    ça y est, j’ai enfin pu le voir… effectivement, un beau film qui ne sombre jamais dans le pathos. De la révolte, de la rébellion, de l’audace, de l’imagination… Un très beau jeu d’acteur, auxquels on croit vraiment… Ah si : j’aurai bien aimé que le personnage de Jennifer Garner soit plus étoffé.
    J’avais pas tilté que le réalisateur est celui du sublime C.R.A.Z.Y!!

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