Critique 2 automnes 3 hivers

Sortie : 25 décembre 2013

J’ai vu la bande annonce de 2 automnes 3 hivers juste avant la projection de Suzanne. Si ce dernier ne m’a vraiment pas convaincu, il a donc au moins eu la décence de me faire découvrir un film dont je n’avais entendu parler nulle part. Il faut dire que le film de Sébastien Betbeder ne bénéficie pas d’une grande promotion ajouté au fait que les têtes d’affiche ne sont pas vraiment connues du grand public.

Dans 2 automnes 3 hivers, il est question d’Armand, un mec de 33 ans qui s’est récemment remis au sport.  Un beau matin, dans le parc en bas de chez lui, il percute Amélie qui court elle aussi. C’est le début de leur histoire. Mais il y a également Benjamin, le pote d’Armand. Jamais malade, une vraie force de la nature mais bientôt victime d’un AVC.

Généralement, quand j’attends beaucoup des films, je suis toujours déçue. Ce n’est pas le cas avec 2 automnes 3 hivers que j’ai adoré de A à Z. Bien sûr, je tenais en partie à voir ce film à cause (ou grâce) à Vincent Macaigne qui me semble idéal dans ce type de rôle (comprendre, dans un rôle de clown un peu tristounet). Mais j’ai été charmée par l’ensemble du casting et surtout, par le ton du film. A mes yeux, c’est LE bon film par excellence car il correspond tout à fait à mes critères : une réalisation originale, des acteurs fabuleux, du rire et un peu d’émotion. C’est savamment dosé, bien orchestré, intimiste et universel à la fois.  L’équilibre entre les différents sentiments est idéal.

L’histoire est divisée en 2 parties et 1 épilogue qui sont eux-mêmes découpés en une multitude de petites scénettes. Il y a évidemment un lien entre ces dernières et une chronologie mais la mise en scène n’est vraiment pas ordinaire. Autrement dit : sur le fond, comme sur la forme, 2 automnes 3 hivers n’est pas un film classique : autant être prévenus.

Tout au long du film, les répliques et les monologues sonnent vraiment juste et il y a des scènes particulièrement drôles (celles dans le parc, dans le supermarché ou l’invitation à dîner). L’histoire cible des petits défauts, des petites pensées, des moments de solitude qui font obligatoirement écho en nous. Pourtant, quelques scènes plus graves, plus dramatiques s’entremêlent à cet enchainement de situations savoureuses.

L’AVC de Benjamin, la nuit qu’il passe dans la haie, sa rencontre avec un chat errant, l’arrivée d’Armand à son chevet… On ne sait plus trop s’il faut en rire ou en pleurer. C’est également assez bizarre de voir le personnage d’Armand expliquer, scanners à l’appui, quels sont les ravages d’un AVC quand on sait que l’acteur lui-même en a déjà vécu deux (ça, c’était l’anecdote « vie privée » qui sert à rien). Le temps qui passe, l’usure du couple, la difficulté de vivre à deux et la nostalgie du passé sont également au programme dans un film qui fait décidemment mouche à chaque fois.

Loin d’être un film cynique, 2 automnes 3 hivers est plein de douceur tout en étant lucide sur la vie en général et sur le couple en particulier. C’est sympathique, plein de fraîcheur, jamais lourdingue, drôle et poignant à la fois. On l’aura compris : je le conseille à 200% mais vite, il risque de ne pas rester bien longtemps à l’affiche et ma critique est tardive ! Je risque bien de sauter sur le dvd dès qu’il paraitra…

J’aimerais beaucoup voir le premier long métrage du réalisateur, Les nuits avec Théodore (2013) avec Agathe Bonitzer et Pio Marmai qui semble différent mais non moins intéressant. Mais je n’arrive pas à mettre la main dessus…

2 comments

  1. auroreinparis says:

    C’est le second article que je lis aujourd’hui sur le sujet, je n’en avais pas entendu parler du tout. Et seconde critique positive qui me donne envie de le voir et me laisse à penser qu’il pourrait vraiment me plaire ! J’espère avoir le temps !

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