Critique 12 Years A Slave

Sortie : 22 janvier 2014

J’ai tout de suite eu envie de voir 12 Years A Slave mais bizarrement, je ne me suis pas précipitée en salles pour autant. La peur qu’il soit un peu trop dur, sans doute. J’avais peur du thème très lourd. J’ai donc attendu un peu de temps avant d’avoir « envie » de voir un film qui n’allait ni me faire rêver, ni me faire rire.

Inutile de prendre 10 plombes pour faire le résumé d’un film que tout le monde a déjà vu. 12 Years A Slave nous raconte l’histoire vraie de Solomon Northup, un homme noir mais libre, enlevé à sa famille et vendu comme esclave. Pendant 12 ans, il va se battre pour rester en vie malgré la cruauté des propriétaires de plantations.

Dans ce film, nous sommes seulement quelques années avant la Guerre de Sécession. Quand je pense à cette époque, mon esprit vagabonde forcément en direction de Scarlett O’Hara et de ce fameux Autant en emporte le vent tant lu et regardé (et adoré !) pendant mon adolescence. Sauf que dans 12 Years A Slave, nous ne sommes pas du bon côté de la barrière…Les décors ne sont donc franchement pas les mêmes !

Steve McQueen nous propose un film bien différent du précédent Shame mais tout aussi intéressant et inoubliable. Autant vous le dire : j’ai beaucoup aimé 12 Years A Slave. J’avais peur que le traitement du thème de l’esclavage soit trop cliché, trop mélodramatique, trop spectaculaire mais l’approche du réalisateur est en réalité très sensible. Réaliste sans en faire des tonnes pour autant, ce film ne cherche pas à nous arracher des larmes à tous prix mais nous bouleverse et nous indigne.

Certains l’ont trouvé violent et c’est évident qu’il l’est mais comment parler de l’esclavage sans évoquer les sévices physiques et moraux ? C’est parfois très dur mais cela colle à l’histoire qui se veut réaliste. D’autres l’ont trouvé manichéen mais je crois au contraire que les personnages sont beaucoup plus complexes qu’ils ne semblent l’être. Solomon lui-même est constamment en proie à ses contradictions intérieures où ses propres valeurs se trouvent brisées par le système esclavagiste…

Dans 12 Years A Slave, la mise en scène est maitrisée, les images sont belles sans nous faire oublier la force du message pour autant, les décors réussis, les reconstitutions criantes de vérité. Côté casting, c’est également un sans faute. Chiwetel Ejiofor, un acteur que je ne pense pas avoir vu avant, est sans doute la grande révélation de ce film (enfin à mes yeux du moins !).

Le seul point qui m’a un peu étonnée durant ce film, c’est le traitement du temps qui passe. Je ne l’ai lu nulle part ailleurs sur le net donc je dois bien être la seule à l’avoir noté mais j’ai trouvé qu’on manquait cruellement de repères temporels. Entre le début et la fin de l’histoire, il se passe quand même 12 ans et on se rend difficilement compte de l’accumulation des années. Est ce pour nous mettre au niveau du héros principal qui perd ses repères temporels ? En tous cas, je suis bien incapable de dire combien de temps il a pu rester chez l’un ou chez l’autre. Mais c’est finalement un détail.

3 comments

  1. auroreinparis says:

    J’avais adoré l’atmosphère de Shame, et ce soir j’ai vu Hunger, son premier. 12 years a slave est carrément plus dynamique, mais garde des plans fixes qui font le charme du cinéma de Steve Mac Queen ! Un excellent réal !

  2. Zofia says:

    Je vais le voir ce soir et comme toi je voulais le voir mais je n’ai pas eu envie de me précipiter. Hunger n’a pas un sujet facile non plus, c’est l’histoire d’un prisonnier politique de l’IRA qui entame une grève de la faim en prison mais je ne l’ai pas vu non plus.
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