Caroline Bingley : garce un jour, garce toujours ?

caroline-bingley-3823613-250-400

Lire un livre consacré à la garce d’Orgueil et préjugés, non mais quelle idée ! Et pourtant, pourtant… j’ai passé un excellent moment aux côtés de Caroline !

Certes, le livre n’est pas un modèle d’originalité. Je ne pense pas vous en dire trop en vous révélant que notre héroïne y est coincée entre deux figures masculines. Il y a celui qu’elle veut plus que tout et celui qui pourrait lui convenir. Si l’un répond aux besoins de son cœur, l’autre a le profil idéal pour combler cette orgueilleuse qui ne pense que « position sociale », « titres » et « fortune ».

Parce que oui : après avoir couru après Darcy, Caroline se retrouve bien démunie. Au début du roman, son frère, honteux de son comportement, lui demande de quitter leur cercle pour aller passer quelques temps à la campagne, chez leur mère. La raison en est simple : Caroline refuse de s’excuser auprès des sœurs Bennet. Certaines lectrices ont eu l’air de trouver le comportement de Charles un peu « abusif » et surtout, pas très cohérent par rapport à son caractère véritable. Tout comme Jane, il est plutôt arrangeant et doux. Mais bon, on va dire qu’un mariage, ça vous change un homme !

Je ne vais pas entrer dans les détails de l’histoire : nous sommes dans une romance tranquille, la majeure partie de l’histoire étant consacrée aux manigances de Caroline pour se rapprocher d’un certain jeune homme. Il y a également le personnage de Rosemary qui n’est pas sans mystères ! Et le fameux Rushton, non moins intriguant !

Je dois vous dire que je n’étais pas super enthousiaste en ouvrant ce livre… j’ai donc été surprise d’être prise au jeu. Je trouve que Jennifer Becton a eu l’intelligence de reprendre le personnage de Caroline tout en lui donnant une autre dimension. Caroline sera toujours fidèle à elle même : pas très sympa, prétentieuse, perturbée par son besoin de stabilité… Néanmoins l’auteur nous permet de mieux la comprendre et d’entrevoir, derrière la façade, les peurs et les angoisses de la jeune femme. Certes, cela n’excuse pas toujours son comportement mais elle nous paraît ainsi plus humaine.

Tout au long du roman, Caroline va évoluer. Mais c’est une évolution cohérente et réaliste : son caractère n’en est pas bouleversé, elle ouvre juste les yeux sur certains de ses agissements et en tire les leçons nécessaires. Non, elle ne deviendra pas une princesse agréable en toutes circonstances, elle le sait…et l’élu de son cœur aussi !

Malgré une intrigue cousue de fil blanc, Caroline Bingley se lit avec plaisir. L’auteur a eu l’intelligence de nous proposer un personnage crédible, très proche de celui de Jane Austen et a fait le pari d’en faire l’héroïne d’un roman. Pas inoubliable mais franchement réussi dans le genre ! 

7 comments

  1. sanasan says:

    Franchement quand je repense à Caroline telle que décrite et vue dans O&P j’ai du mal à imaginer le moindre changement dans sa personnalité. Si l’auteur réussit le tour de force de parvenir à nous convaincre (même si ce n’est pas un changement catégorique on est d’accord) je l’en félicite 🙂
    sanasan Articles récents…En ce moment je…My Profile

    • Audrey says:

      Je sais que tu ne peux pas la supporter mais le roman se lit bien ! J’ai préféré lire l’histoire de Caroline plutôt que celle de Charlotte Colins (de la même auteur) car la Caroline a plus de piquant !

      Par contre, j’ai oublié de dire que j’avais été traumatisée par l’emploi du diminutif « Caro » que je trouve bizarre pour l’époque ! Ce diminutif ne colle pas avec le contexte je trouve ^^

Laisser un commentaire

CommentLuv badge