Bo

Film Néerlandais

Date de sortie :10/02/2010

Note : 3/5

Deborah a quinze ans. Avec sa mère et son petit frère, ils vivent chez leur grand-père qui a accepté de les héberger quand la mère des enfants s’est fait jeter de chez son mari qu’elle trompait. Cette vie déjà pas folichonne, est devenue encore plus difficile quand la mère perd son boulot. Deborah n’en peut plus d’être pauvre. Elle a envie d’un peu d’insouciance et de nouvelles fringues. Lorsqu’elle rencontre Jennifer, une fille de 18 ans, elle n’a pas de mal à lui arracher son secret : cette dernière est escort girl. Deborah se laisse tenter. Elle devient Bo et se jette à corps perdu dans une machine infernale où prostitution, argent, drogue ne font pas forcément bon ménage.

Bo est un film où l’ambiance et la mise en scène comptent énormément. Mal tourné, mal foutu, il aurait pu devenir l’équivalent d’un épisode pourri de Julie Lescaut. L’histoire, les faits sont glauques. Ou comment une jolie fille blonde, vierge et innocente (qui ne veut même pas coucher avec son copain), offre son cul aux clients pour quelques billets, sortes de porte de secours dans une vie pas vraiment luxueuse. Tout tend pourtant à lui donner raison, ou du moins à nous faire comprendre pourquoi elle en arrive là car même la nourriture commence à arriver difficilement jusqu’à son assiette. Sous prétexte d’un travail de femme de chambre à l’hôtel du coin, Déborah va commencer à aider cette mère qu’elle méprisait quelques semaines plus tôt, comme si elle avait découvert au passage la difficulté de gagner de l’argent.

Le ciel, les rues, les visages et même l’ambiance familiale, tout cela est gris, terne, très triste. Voilà, Bo est un film éminemment triste, lourd, déprimant. La descente aux enfers de Deborah sera sur le même calibre, mais en pire. Ce long-métrage n’est pourtant absolument pas racoleur. Un tel thème aurait pu être sujet à d’innombrables scènes de cul bien trash où l’on voit la jeune fille s’adonner à toutes sortes de pratiques, à moitié convaincue par ses gestes. Or, à l’écran, on ne voit rien, ou presque. Juste le visage et les expressions d’une jeune fille qui se perd, qui se dégoûte mais qui continue car elle en veut toujours plus et surtout, à cause de ceux qui « s’occupent » d’elle, ses patrons, pas décidés à la voir prendre sa retraite. La pseudo histoire d’amour avec Vincent, l’un deux, n’en devient que plus cruelle. On croit qu’il l’aime mais dès qu’elle revient du centre de redressement, il cherche à la remettre sur le trottoir. Dès lors, on sait que l’histoire se finira mal. Du moins pas très bien.

J’ai aimé la sensibilité et la sobriété d’un film pourtant aride et fortement déprimant. Il fait partie des films qu’on aime voir mais dont on aime sortir en constatant que son quotidien à soi est beaucoup plus doux à vivre.

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