Blue Valentine

Film américain

Date de sortie : prochainement (15/06/2011 selon Allociné)

Note : 3.5/5

Quand ils se sont rencontrés, Dean et Cindy n’avaient pas des vies parfaites mais étaient jeunes et surtout plein d’espoir concernant leur futur. Si Dean accepte ce job pourri de déménageur, c’est en attendant mieux. La jolie Cindy, quant à elle, voudrait devenir médecin et fait tout pour réussir dans cette voie. Leur rencontre, due au hasard, fit naître en eux un amour instantané et dévastateur. Rien d’autre ne comptait. On les retrouve quelques années plus tard, dans un tout autre contexte et avec des états d’esprit différents.

Blue Valentine est un film plutôt poignant sur l’amour conjugal, ou plutôt sur la fin d’une histoire d’amour. Le montage du film est fait en sorte que des scènes du présent (mettant en scène un couple qui ne communique plus, qui ne se connaît plus, plus du tout sur la même longueur d’onde) soient très facilement mises en parallèle avec celles qui correspondent au début de leur histoire (forcément beaucoup plus romantique et agréable).

Bon, il faut le dire sans langue de bois : l’histoire est loin d’être originale. Les couples qui s’aimaient puis qui se déchirent pas très proprement…on en a vu et revu, c’est toujours la même chose. De ce fait, le scénario de Blue Valentine m’a semblé convenu. On passe par toutes les étapes par lesquelles on s’attendait à passer. Là où ce film devient intéressant, c’est grâce à son duo d’acteurs : Michelle Williams et Ryan Gosling qui forment un couple très très très crédible, donc vraiment naturel. Alors que le personnage de Dean aurait pu évoluer en plein cliché : le raté par excellence, qui boit un peu trop, qui fait un boulot pourri payé à coups de pieds au cul, Ryan Gosling arrive à nous le rendre sympathique. Il lui donne même une certaine subtilité, une profondeur et une force qui nous font d’emblée penser que malgré tout, c’est un chic type, pas si facilement cernable au bout du compte. Michelle Williams incarne une femme fatiguée et que je qualifierais d’insatisfaite. Ses réactions, les conversations qu’elle lance m’ont semblé aller toutes dans le même sens : Cindy voulait mieux et son quotidien ne lui va pas, la déprime (contrairement à Dean qui apprécie cette vie, même modeste). Elle rêve d’autre chose. Et pour avoir autre chose, il faudrait peut-être de débarrasser de Dean ? Évidemment, elle est facile à condamner mais elle souffre d’un mal que je considère comme universel : elle semble incapable de vraiment se satisfaire de ce qu’elle a. Elle a le droit d’être à vif. Tout ça pour dire que les personnages sont tous deux compliqués, ont leurs contradictions et sont exploités avec nuance.

À mes yeux, le point de vue du film se place plus du côté de Dean que du côté de Cindy et il est bien plus facile d’avoir de l’empathie pour le premier que pour la seconde. En effet, malgré ses défauts, Dean ne semble avoir que d’une chose : aimer sa femme et vivre une vie heureuse et banale entre elle et leur petite fille (des plus mignonnes, d’ailleurs). Alors qu’elle ne semble plus vouloir faire aucun effort pour son couple et pour leur donner une chance de survie, il tente de mettre un peu de légèreté et de bonne humeur dans leur quotidien. C’est d’ailleurs lui qui propose d’aller passer cette nuit dans cette chambre d’hôtel (très loufoque, cette chambre futoroscope). Cindy s’y laisse traîner mais restera globalement froide et distante (malgré tout l’alcool qu’elle ingurgite). À présent, même leurs enlacements ressemblent à des combats sans merci où chacun tente de s’imposer à l’autre. Des scènes qui font mal au cœur.

Là où j’ai trouvé les choses étranges (je n’oserai pas dire « pas crédibles », puisque c’est juste une impression personnelle, et sans doute très naïve), c’est au niveau de la chronologie des évènements. Dean et Cindy se marient lorsqu’elle apprend qu’elle attend un enfant. À cette époque-là, tout va super bien entre eux. Puis on les retrouve un peu plus tard, avec une petite fille de quoi ? cinq ans ? six ans à tout casser. Cindy a une tête de zombie en fin de parcours, épuisée par son travail (et par son amertume ?). Dean, quant à lui, a l’air d’avoir pris dix ans et n’a rien à voir avec le jeune homme séduisant du début. J’ai trouvé tous ces changements abusés et bien flippants. Difficile de reconnaître ce couple qui semble avoir tout perdu en quelques années. À qui la faute ? On peut bien penser ce que l’on veut, on ne saura jamais vraiment tant le film laisse planer le mystère sur les causes réelles de cette dérive (mais si l’on peut vite s’imaginer le contenu des années entre le début de leur idylle et ces dernières journées ensemble). Il n’y a pas de reproches directs, que des silences qui veulent dire beaucoup et des regrets qu’on garde pour soi. La magie n’est plus là et l’on ressent vraiment la fracture entre le présent et les flash-back, toujours savamment utilisés et qui n’alourdissent absolument pas le film en lui-même.

J’ai beaucoup aimé les dialogues du film que j’ai trouvé énormément justes alors que certaines scènes auraient pu virer au ridicule s’ils avaient été moins bons. Le générique de fin est très joli, ce qui est finalement rare au cinéma où ils sont souvent des plus classiques, ou propices pour rajouter quelques blagounettes de plus lorsqu’il s’agit de comédies.

Blue Valentine montre le laid mais aussi le beau de toute histoire d’amour. Il ne nous offrira aucune surprise mais on restera quand même jusqu’au bout, doucement malmenés par les heurts entre les deux personnages, espérant un happy end qu’on sait pourtant impossible dès les premières minutes du film. Est-ce le contexte qui a étouffé leur amour (pas de véritable réussite professionnelle, enfant arrivé bien trop tôt, mariage sur un coup de tête) ? Ou est ce que Dean et Cindy, trop différents, n’étaient de toute manière pas fait pour aller très loin ensemble ? À vous de décider. Ce long métrage plaira énormément aux mélancoliques pessimistes, persuadés que toute histoire d’amour est faite pour se terminer un jour. Il rendra plus tristes les éternels romantiques qui aiment à penser que les histoires d’amour en finissent jamais mal, en général…

5 comments

  1. zofia says:

    L’affiche m’attire beaucoup, tout autant que le couple d’acteurs, appréciant énormément Ryan Gosling. Du coup, j’ai hâte d’aller le voir, même s’il promet d’être triste…

  2. petiteconne says:

    Zofia : tu m’en diras des nouvelles si tu le vois au ciné! et sinon tu sais où le trouver.

    K : peut être! ^^
    Personnellement je pense également que le coup du happy end aurait entièrement gâché le film. Il y a quelque chose d’irrémédiable et de tragique qui n’aurait pas supporté une morale plus optimiste. D’ailleurs, on y aurait pas cru.

  3. petiteconne says:

    Je viens d’aller voir ce que c’était, Drive et en effet, ça a l’air franchement pas mal!
    J’ai du mal à me tenir au courant des prochaines sorties ciné depuis que je suis plus abonnée à rien… :-/

Répondre à petiteconne Annuler la réponse

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.