Blood island

Film coréen

Date de sortie : ?2010 (sorti directement en dvd)

Note : 3/5

Hae-won habite à Seoul. Cette jolie trentenaire est célibataire se consacre avec volonté à son travail. Suite à un incident avec une collègue, elle est poussée à prendre quelques vacances. Elle décide de se rendre à Moodo, une petite île où elle avait l’habitude de passer ses vacances quand elle était plus jeune. Bok-nam, une amie d’enfance,y réside toujours. Il ne faudra pas longtemps à Hae-won pour comprendre que son amie est soumise à la volonté tyrannique et sans pitié des habitants, son mari et son frère en tête. Humiliée, traînée dans la boue jour après jour, Bok-nam n’a qu’un désir : que Hae-won les ramène, elle et sa fille, à Seoul, là où elles pourront commencer une nouvelle vie. Mais Hae-won, ne se laissant pas attendrir, refuse continuellement de s’impliquer dans une situation plus que délicate qui ne va pas tarder à dégénérer…

Blood island est un film qui remue psychologiquement parlant car il dénonce, du début à la fin, les violences faites aux femmes. Tout commence en plein Séoul. Notre héroïne, Hae-won, est témoin d’une scène de violence impliquant une femme et deux hommes. Convoquée par la police, elle ment sciemment, ne voulant pas reconnaître les agresseurs en question. Arrivée sur l’île, épuisée nerveusement, elle est confrontée à une autre situation dérangeante : celle de son amie, mais elle semble avoir du mal à réaliser l’horreur de la situation. En effet, tout tend à nous montrer que les deux femmes ont été et sont différentes. Si pour Bok-nam, Hae-won a encore beaucoup d’importance, c’est sans doute car elle est plus sentimentale, plus gentille et plus douce (elle fait penser à un petit chiot affectueux et un peu pataud), mais aussi car elle voit en son amie d’enfance une manière de quitter le calvaire qu’elle endure, jour après jour. Elle vit comme une Cendrillon, au service des autres (assouvissant même leurs pulsions sexuelles), échevelée, mal fringuée, sale. Elle fait mal au cœur. Hae-won, créature moderne, froide et dure, n’attend rien de Bok-nam, si ce n’est quelques services pouvant lui faciliter le séjour sur cette merveilleuse petite île. Même si cette dernière insiste, notre femme de la ville ne résiste pas longtemps et accepte qu’on lui lave son linge, qu’on lui fasse à manger…comme si cela était un dû. Elle aussi, sous ses airs de ne pas y toucher, profite de sa soi-disant amie. Le personnage, déjà antipathique au départ, devient de plus en plus détestable de part son indifférence allant jusqu’à la cruauté. Impossible de s’identifier à elle. Notre intérêt va donc se reporter sur l’autre personnage féminin.

EN ALLANT PLUS LOIN VOUS RISQUEZ DE TOMBER SUR DES INFORMATIONS CAPITALES CONCERNANT L’INTRIGUE ET SON DEROULEMENT

Viol, inceste, coups, insultes, humiliations… Aucun détail ne nous est épargné et la narration installe un climat malsain et douloureux. Les paysages magnifiques et pittoresques passent presque à la trappe tant on a peur de ce qui va arriver au personnage. Bok-nam souffre et personne ne lui vient en aide. C’est elle le vrai moteur de l’histoire, la vraie héroïne et non pas Hae-won comme on aurait pu le croire dans un premier temps. De ce fait, à peine celle-ci a posé le pied sur l’île que le récit change de point de vue pour se consacrer à la martyre que personne n’aide. Lorsque sa fille est tuée, le vase déborde et la jeune femme va alors se lancer dans une entreprise bien particulière : la vengeance. Je ne rentrerai pas dans les détails de cette série de crimes mais j’avoue que cela m’a un peu déçu. Cette petite sphère cruelle, en vase clos, m’avait vraiment mise en appétit et je savais, oui, j’avais bien compris, que la lenteur des évènements servait à rendre le dénouement et la vengeance encore plus intenses. Plus marquants. Plus jouissifs. Or, il y a quelque chose dans la traque qui m’a posé problème. Trop rapide. Trop facile. J’attendais plus de cruauté. Plus de subtilité. Plus de stratégie. Plus de questionnements, finalement, car pour moi l’idée était claire et sans ambiguïtés : Bok-nam a eu raison de se venger. J’aurais aimé que ma conscience soit un peu plus torturée, que les actes sanglants me posent un problème moral… Beaucoup plus de rythme dans cette partie, cependant. La toute fin, quant à elle, paraît trop longue et anesthésie finalement notre intérêt. Globalement un peu trop de manichéisme également. Les habitants de l’île sont tous des enfoirés. Les hommes sont tous des obsédés sexuels et des violeurs en puissance. Cette fameuse île cumule trop de vices pour être réelle…mais pourquoi pas, après tout ?

Blood island n’est pas un vrai film d’horreur, pas seulement un film sur la vengeance d’une femme poussée à bout. C’est une réflexion sur la place de la Femme et sur tous les abus dont elle peut être la victime. La mise en place de l’intrigue, très longue, se focalise sur ce point-là, nous pousse à bouts, nous fait serrer les dents et finalement, cette première longue partie est de loin la meilleure. Le reste est correct mais déjà vu ailleurs, et en bien plus flippant et traumatisant. A mes yeux, le titre et l’affiche de ce film peuvent induire beaucoup de monde en erreur car Blood island n’est pas tout à fait ce qu’on attend de lui en ayant ces deux informations en main.

This entry was posted in A voir.

2 comments

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.