Black Swan

Film américain

Date de sortie : 09/02/2011

Note : 4.5/5


Nina, 23 ans, fait partie la troupe du New York City Ballet. Danseuse très douée, plus technique qu’intuitive, elle caresse le même rêve que beaucoup de ses camarades : obtenir le rôle principal dans Le Lac des Cygnes, le nouveau ballet que dirige Thomas, juge impitoyable du talent des danseuses. Le jour où elle apprend qu’elle a réussi, qu’elle sera la tête d’affiche, elle n’en croit pas ses yeux ! Pourtant, elle sait également que tout reste à faire pour être à la hauteur de ce qu’on lui propose…

Au départ, j’ai eu peur de ce film. Moi qui déteste l’univers de la danse, les danseuses, les ballerines. Moi qui crèverais d’ennui (ou de rire) si j’étais obligée d’assister à un ballet dans son intégralité, je me suis dit : et merde, encore un film qui va nous montrer combien c’est dur de danser, comment ce monde est cruel et blablabla *soupir*. Pourtant, à la fin de la séance je me suis dit « Enfin un film vraiment très bien ! ». Dieu sait que c’est finalement plutôt rare…

Évidemment, Black Swan met en scène cet aspect-là, celui qui me rebute un peu. Il montre des corps qui s’exercent, qui se tordent, qui se blessent. Il met en avant tout le travail, toute l’endurance et tous les sacrifices dont sont capables les danseuses. Comme beaucoup de films sur ce thème-là, il montre également les rivalités qui s’exercent au sein de la même troupe. Comment chaque danseuse rêve secrètement de détrôner les autres, de passer devant, de se faire remarquer au détriment des autres. Voir la « vieille » danseuse, incarnée par Winona Ryder, se faire reléguer aux oubliettes juste parce qu’elle est passée de mode, met en relief cette cruauté, cette sorte de sélection naturelle et surtout, souligne le côté éphémère des carrières.

Dans ce monde où le chacun pour soi règne, évolue la trop gentille et la quasi parfaite Nina. Jusque-là, le scénario était assez classique et montrait un univers maintes fois mis en scène. Cependant, donner une héroïne schizophrène à l’histoire pimente légèrement l’histoire…hum. Et puis on découvre que Black Swan, ce n’est pas l’histoire d’une danseuse. C’est l’histoire d’une petite fille qui devient une femme. Le scénario devient alors totalement dérangeant et les relations entre les personnages sont, comme dans bon nombre de films d’Aronofsky, complètement tordues. La relation entre la mère et la fille, par exemple, est des plus malsaines. La mère, surprotectrice, a raté sa carrière de danseuse et a fondé tous ses espoirs à travers sa fille. Depuis, elle vit une nouvelle carrière mais par procuration. Vincent Cassel, quant à lui, campe un homme ambigu, charmeur, à la réputation sulfureuse et sera le premier à entrevoir l’immense potentiel de Nina. Et que dire de Lily, une sorte de miroir inversé de Nina (une grosse salope quoi), qui semble fasciner cette dernière ?

On éprouve vraiment une sensation étrange durant tout le film, une sorte d’angoisse, une sorte de tension et à partir du moment où l’on comprend que Nina a quelques soucis dans sa petite tête, on s’attend toujours à tout et on ne sait jamais vraiment ce qui est vraiment faux de ce qui est vraiment vrai. Beaucoup ont dû en être agacés mais personnellement, j’aime beaucoup être perdue, malmenée par ce que je vois à l’écran.  Les personnages à la limite de la folie sont toujours les plus intéressants et j’ai suivi avec intérêt les délires de Nina. De plus, contrairement à beaucoup de films, l’intensité est constante et augmente peu à peu. Impossible de s’ennuyer une seconde.

Enfin, la performance de Nathalie Portman reste sans doute l’aspect le plus intéressant du film. Gracieuse, monstrueuse, fragile et dangereuse à la fois. On imagine combien elle a dû travailler en amont, le nombre d’heures qu’il lui a fallu pour être crédible, pour réussir à exécuter les chorégraphies,… Et on la suit sans hésiter dans cette descente aux enfers autodestructrice.

Pour finir, et contrairement à ce que je pensais au départ, Black Swan est un film qui nous propose une histoire totalement imprévisible. Les scènes de danse sont très bien filmées. Et tant pis pour le côté cliché des personnages secondaires et le scénario plutôt simple en définitive, on se laisse totalement embarquer.

This entry was posted in A voir.

3 comments

  1. petiteconne says:

    Ben en fait, non, pas vraiment.
    Sauf peut être la scène que tu cites dans ton article. Celle où Nathalie se fait plaisir toute seule (pour parler soft) et où elle se rend compte au dernier moment que sa mère était encore là. Personnellement j’ai souri parce que j’ai trouvé le moment particulièrement cocasse (je trouve pas d’autre terme dsl lol), mais ce n’était pas totalement comique. J’ai surtout vu ça comme un autre indice montrant que pour Nina, avoir une sexualité est impossible avec une mère pareille.

  2. petiteconne says:

    Moi je déteste tout ce qui a trait à la danse classique, je déteste le physique des danseuses, je déteste l’ambiance « ballet », je déteste cet univers et pourtant j’ai bien aimé le film, comme quoi… 🙂

    Justement, c’est ce côté glauque et malsain qui fait tout l’intérêt du film. Il faut creuser un peu pour voir que c’est autre chose qu’un film racoleur.
    Évidemment, si tu t’attendais à voir un film sur la beauté de la danse… C’est sûr que tu as dû être déçue. Je conçois qu’on puisse ne pas l’aimer même si j’ai du mal à le comprendre!

    Après on est ok, tout le monde a dit qu’il était SUPER GENIAL SUPER TOP, il est bien mais pas SI BIEN que ça. N’empêche que la Portman joue admirablement bien…

    Quant aux petits mouchoirs… beaucoup de bruit pour rien, c’est clair. ça reste un film qui se regarde mais j’ai pas été touchée plus que ça, je l’ai même trouvé plein de tensions que j’ai pas aimé voir…

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.