Belle épine

Film français

Date de sortie : 10/11/2010

Note : 2.5/5

Prudence va avoir dix-sept ans. Elle vit seule dans l’appartement familial. Sa mère vient de mourir, son père est au Canada pour régler des affaires et sa grande sœur est partie habiter avec son copain, incapable de continuer à vivre dans ce logement frappé par le drame. Prudence est donc seule, terriblement seule et visiblement, elle a perdu tous repères. Son état et ses petites dérives ne vont pas s’arranger lorsqu’elle rencontre Marilyne, une petite rebelle qui est dans le même lycée. Cette dernière lui fera découvrir le circuit sauvage de Rungis, terrain de jeux dangereux, mais le préféré des motards. Fascinée par cet univers et les garçons qu’elle rencontre, Prudence va essayer de s’y faire une place.

Entre enthousiasme et déception, j’hésite. J’hésite car j’ai beaucoup aimé les trois premiers quarts d’heures de ce film qui reconstitue très bien l’ambiance et le décor des années 80. J’ai aimé le personnage de Prudence qui était, on le devine, une jeune fille plutôt sage, sans souci particulier, avant que tout son monde s’écroule. Car depuis, Prudence passe son temps à errer dans les rues, ne va plus au lycée et profite d’une liberté devenue bien pesante. Comment se sentir excitée à l’idée de briser les règles puisque aucune ne vient plus régenter sa vie ? Le portrait de l’adolescence (la miss Seydoux, très naturelle, est géniale et donne sensibilité et force à son personnage) est très bon, très nuancé, très subtil et donc, très touchant pour ceux et celles qui s’y reconnaîtront, ne serait-ce qu’un peu.  Comme le trait n’est pas forcé, on ne s’agace jamais et au contraire, on est captivés par ses tourments et sa fuite en avant. La solitude de Prudence, son prétendu détachement vis-à-vis de la situation sont les signes avant coureurs d’une grande détresse et on tremble pour elle car à trop jouer avec le feu…elle risquerait de se brûler. De la tension Pas de grands heurts, pourtant. Mais une douceur très dramatique, une grande mélancolie qui habite chaque plan, chaque seconde de chaque minute qu’on nous donne à voir. Agathe Schlencker, qui joue Marilyne l’initiatrice (qui passe son train à montrer ses seins, soit dit en passant…) semble également être une actrice douée. Néanmoins, très difficile d’apprécier ce personnage que, personnellement, je ne suis pas arrivée à cerner complètement.

Malheureusement, le film devient vite ennuyeux (malgré ses 1h16), sans doute la faute à pas de scénario… En effet, que voit-on durant le film sinon une fille paumée, influençable, qui passe de mec en mec en espérant trouver un peu l’affection et l’attention qu’elle réclame ? De plus, j’ai trouvé le peu de scénario pas toujours très clair et le montage, parfois obscur, n’arrange rien à l’affaire.  La dernière scène, dans la cuisine, totalement fantasmée, onirique, surprend légèrement. Cette vision souligne la cruauté du manque, l’absence de la mère plus qu’insupportable pour la jeune fille. Mais est-elle vraiment indispensable ?

En résumé, un film à la photographie très sensuelle. Une histoire et une ambiance très féminines, sans clichés. Une héroïne complexe mais touchante. Mais un manque de rythme, un manque d’histoire et un gros manque de surprises qui laissent un goût amer. Au lieu d’être « super », c’est un « film qui se regarde » et puis c’est tout.

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2 comments

  1. petiteconne says:

    Malgré un avis qui parait un peu négatif, je garde à l’idée que c’est quand même un film à voir. Mais comme je le dis, entre les qualités qui m’ont fait l’aimer, et les putains de défaut qui ont cassé mon délire…j’ai eu du mal à donner un avis sur le film…
    A voir, pour se faire sa propre opinion… 🙂

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