Angèle et Tony

Film français

Date de sortie : 26/01/2011

Note : 3/5

Normandie. Angèle est une femme complètement paumée. Elle a un boulot tout naze, doit rendre des comptes à tout le monde. Pourquoi ? Elle sort de prison. On ne saura pas tout de suite pourquoi elle y est resté presque deux ans. À présent, elle vivote, elle donne son cul pour qu’on lui rende des services et rêve surtout d’une nouvelle vie. Une vie avec son fils, resté chez ses grands-parents depuis qu’Angèle en a perdu la garde. Tony est plus vieux qu’elle, pas forcément très sexy. Il est marin et vit encore chez sa mère avec qui il travaille. Son frère, Rudy, est un rebelle au cœur tendre qui passe ses loisirs à essayer de retrouver le corps de leur père, marin lui aussi, disparu en mer six mois plus tôt. Il se cherche une femme à aimer. Angèle se propose. Mais malgré une attirance évidente, Tony garde ses distances, comme apeuré et dégoûté par cette femme, si belle, mais un peu trop rendre dedans, trop peu sentimentale qui parle de « baiser » alors que lui, voudrait juste « faire l’amour ». Leurs chemins, qui auraient dû se séparer aussi vite qu’ils s’était croisés, vont sans cesse les ramener l’un vers l’autre. Mais ont-ils un avenir ensemble ? Angèle est-elle sincère ? Ou juste intéressée ?

Angèle et Tony est un film très simple mais avec un fort potentiel émouvant. On y voit des personnages pas parfaits, loin d’être lisses ou gentils, qui font leur petite vie malgré des rebondissements qu’ils ne maîtrisent pas toujours. Voire rarement. Au début du film, on devine que les deux personnages ont rendez-vous suite à une rencontre virtuelle. Angèle cherche un homme pour lui donner une stabilité aux yeux des juges. Tony veut une compagne. Elle l’attend longtemps ce jour-là, il est en retard et quand il arrive, c’est trop tard elle doit repartir bosser. Rien, ô grand jamais, ne semblait pouvoir les accorder. Comme dit Rudy, les voir ensemble fait penser à Laurel et Hardy. Le petit gros, la grande maigre.

Bien entendu, le concept de la charmante écorchée vive qui tombe amoureuse du faux-grincheux de service, c’est bel et bien du déjà vu. Leur couple est improbable, c’est pourquoi on nous raconte cette histoire. Donc dès le début du film, on sait où l’on souhaite nous entraîner. Du prévisible. Quelques longueurs qui nous font languir. Mais le duo d’acteurs vient tout rattraper tant ils nous entraînent dans l’histoire par leur jeu parfait. À travers eux, on vit et on comprend les non-dits, les interrogations, le besoin d’être aimé, l’envie de l’être pour ce que l’on est et surtout, le désir de trouver la bonne personne. L’ambiance du film, ces histoires de marins, le port, les bateaux tout ça saupoudré de crise économique nous ferait presque tendre vers le drame social. Angèle, de son côté, fait basculer l’histoire vers un aspect plus maternel car Angèle et Tony raconte aussi l’histoire d’une femme qui se bat pour retrouver ses droits de mère. Autant de détails qui participent au climat du film, le plaçant sous une étoile souvent aride, parfois plus tendre. Une histoire d’amour crédible, toute en douceur et en étapes. Un scénario et une mise en scène toujours très pudiques. Sobres. Ce qui nous donne un film pas inoubliable, mais soigné et intéressant dans son genre.

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2 comments

  1. zofia says:

    Ce qui est sûr, c’est que ça change des couples beaux et brillants des films d’amour américains. L’ambiance de la ville portuaire tout ça change me plait bien, des fois ça peut apporter beaucoup qu’on imagine.

  2. petiteconne says:

    L’ambiance m’a fait penser à celle d’un film dont j’avais parlé et où il était aussi question d’un couple « bizarre » et de pêcheurs, Ondine.

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