A vif

Film américain

Date de sortie : 26/09/2007

Note : 3/5

Erica Bain aime sa ville. Elle aime déambuler dans les rues de New York. Lors de ses longues marches, elle découvre des mondes différents et surtout, elle recueille des histoires pour alimenter son émission radiophonique « Street Walk ». Erica est fiancée à David Kirmani. Le mariage est imminent et les deux tourtereux filent le parfait amour. Pourtant, un soir, alors qu’ils se promènent à Central Park, le couple est agressé par une petite bande à la recherche d’embrouilles. Subissant des coups d’une rare violence, Erica s’évanouit. David, quant à lui, mourra avant leur arrivée à l’hôpital. Plus tard, une fois rentrée chez elle, Erica se remet peu à peu sur pied mais il est au-dessus de ses forces d’oublier David et surtout la mort horrible qu’il a eu. Seule et totalement apeurée par la moindre chose elle n’ose même plus arpenter les rues qu’elle aimait tant avant. Lassée de voir que la police avance à deux à l’heure sur l’enquête, Erica décide de mettre la main à la pâte. Elle s’achète une arme. Elle tue une première fois, par légitime défense. Puis une seconde, alors que ce n’était pas obligé. Erica n’a plus peur. Erica fait le ménage dans la ville, tentant, à chaque meurtre, de passer outre le drame qu’elle a vécu. Comme une petite vengeance. La ville commence à se passionner pour les faits et gestes de ce fameux « justicier » qui officie dans l’ombre.

Si je voulais voir ce film, c’était avant tout pour voir Jodie Foster que j’apprécie particulièrement. Comme à l’accoutumée, elle joue très bien dans ce film et paraît particulièrement crédible dans ce rôle plutôt difficile, passant de l’amoureuse heureuse à la femme aux abois, puis à la femme prête à tout. La scène au début du film (qui commence donc assez fort) est horrible de cruauté, de violence et de bêtise humaine. Le fait que le tout soit filmé par un portable et surtout administré avec autant d’insouciance de la part des agresseurs est vraiment dur à encaisser. Je n’avais pas lu le résumé, mais j’étais d’ores et déjà sûre que cette agression allait être fatale. Cette scène glace par sa dureté mais aussi par son côté banal : se promener dans un parc et se faire agresser…quoi de plus crédible ? Cela pourrait arriver à tout le monde, pas la peine d’avoir une vie exceptionnelle pour subir ce genre d’épreuves. De ce fait, et durant tout le film, on se sent en totale connexion avec Erica car on imagine bien quelle est sa peine et surtout, son manque. Les scènes où elle se rappelle de son amoureux sont très belles et vu le contexte, très triste. Les seconds rôles, notamment le flic avec lequel Erica entretient une drôle de relation (presque amicale mais en même temps, sans doute calculée) sont intéressants également mais souvent éclipsés par le personnage principal.

Niveau scénario, ça va, c’est bien foutu et donc, efficace. Voilà donc un film qui ne se fout pas de nous, qui reste crédible tout en étant suffisamment riche en idées. La tension est, quant à elle, présente du début à la fin du film. Malheureusement, vers la fin, l’histoire s’embourbe un peu et l’intensité de l’intrigue y perd un peu. On a envie que la fin arrive, qu’Erica finisse ce qu’elle a commencé. De plus, je ne suis pas certaine de vraiment cautionner le message du film, du moins ce que j’en ai compris (et je suis peut-être à côté de la plaque). Je suis d’accord pour dire que le milieu urbain n’est pas toujours très accueillant et qu’on peut bien souvent tomber sur un os. Cependant, la ville qui nous est montrée est pleine  de mauvaises ondes (il n’y a que ça). La menace est constante et finalement, tenterait-on de nous dire que cela justifie une sorte de justice personnelle ? Évidemment, on a envie de dire : oui ! Ce que ces jeunes ont fait à Erica et à son chéri est dégueulasse. Mais finalement, elle devient pire qu’eux. Non ? Peut-être. Peut-être pas. De toute manière, ce genre de thème est inhérent à tout film qui traite de vengeance. Peut-être que A vif manque un peu de subtilité parce qu’après, il me semble qu’il devait, à la base, est une sorte de critique et une dénonciation de la violence urbaine.

En résumé, A vif n’est pas un chef-d’oeuvre mais il mérite d’être vu, ne serait-ce que pour son actrice principale. J’ai trouvé certains moments assez fouillis, comme si le réalisateur partait sur une route, la délaissant pour partir d’un autre côté. J’aurais aimé plus de psychologie. Il n’en reste pas moins assez émouvant.

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2 comments

  1. zofia says:

    Je rejoins ton avis, mais je pense que le côté glauque de la ville est exacerbé, pour montrer que dans sa vie, il n’y a plus que ça maintenant… enfin c’est comme ça que je l’ai perçu.
    En tous les cas, sans cautionner, c’est un sentiment qu’on a déjà ressenti, que j’ai déjà ressenti et on ne peut que se sentir en empathie avec ce personnage et son histoire.

    • petiteconne says:

      Oui oui tu as tout à fait raison. Le personnage est conditionné par le drame qu’il vient de vivre et ne voit que ce qui colle à l’image qu’il a de son environnement. Comme quand on est célibataires et qu’on ne voit QUE des couples autour de soi 😉

      Oui, en tant que femmes on ne peut que se sentir touchées par cette histoire. Je dis « femme » parce que je trouve que la gente féminine est beaucoup plus victime de ces climats de violence, j’entends souvent des filles dire qu’elles ont peur. Rarement les mecs. Mais peut etre parce qu’ils n’osent pas 😉

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