A ma soeur!

Film français

Date de sortie : 07/03/2001

Note : 2.5/5

Anaïs, douze ans, est en vacances avec ses parents et sa grande sœur, Eléna, âgée de quinze ans. Si cette dernière, très belle, très fine, très désirable, a du succès avec les garçons, ce n’est pas le cas d’ Anaïs qui souffre d’un certain surpoids et de complexes qui lui gâchent la vie. Les deux sœurs, aux caractères et aux physiques bien distincts, vont vivre un été plein de sensualité et de découvertes. Mais pas du même point de vue car l’une les vivra, l’autre n’en sera que spectatrice…

Il y a des années de ça (sans doute à l’époque de sa sortie) j’avais vu un reportage très court sur ce film. On y voyait les acteurs jouer, mais également tous les techniciens sur le plateau, sans oublier la réalisatrice (Catherine Breillat), là pour donner ses conseils. Elle m’avait marqué car, lors des premières prises de chaque scène, elle se cachait le visage avec une écharpe. Par pudeur, qu’elle disait. Car cela la gênait un peu. J’avais trouvé cette attitude bizarre et compréhensible à la fois, si tant est que le propos du film soit personnel.

À ma sœur ! est principalement un film sur la perte de virginité des filles. Pourtant, même si les deux sœurs s’accordent pour dire qu’être vierge est un fardeau et qu’il faut bien « y passer », elles ont chacune un point de vue différent sur l’acte en lui-même. Si Eléna souhaite le faire avec un homme qu’elle aime, Anaïs, elle, préférerait que cela lui arrive avec un homme qu’elle déteste. Ainsi, elle n’aurait pas de peine en perdant ce premier amour, synonyme de tant de choses. Personnellement j’ai trouvé l’ensemble des propos et des interrogations très justes. Ce film parle très bien de l’adolescence et des questionnements qu’on peut avoir sur les mecs, le cul, l’amour en général. Les deux sœurs, chacune à sa manière, sont touchantes. Anaïs, tout d’abord. Car c’est une fille adorable, grosse, accro à la bouffe (sa sœur dit qu’elle bouffe comme une truie), qu’on traîne comme un boulet. Sans cesse rabrouée par ses parents, par sa sœur qui la tolère à peine au quotidien et qui ne se soucie pas spécialement de savoir si Anaïs est malheureuse ou si ses propres paroles et actes ne sont pas déplacés. Car Eléna va fricoter, puis coucher pour la première fois avec son amour de vacances, et ce, dans la même chambre que sa sœur, couchée un peu plus loin. Assez spécial comme ambiance… Pourtant, loin d’être le genre de beauté froide qui énerve plus qu’elle ne séduit, Eléna frappe par sa fragilité de petite fille qui veut jouer à la femme. Loin de connaître les hommes et leurs besoins primaires, elle pense avant tout aux sentiments, refuse d’être seulement un objet de désir parmi les autres. Elle veut autre chose. Le grand amour. Les grands sentiments. Elle est fleur bleue quoi…et une proie facile pour celui qui saura l’embobiner en lui racontant ce qu’elle veut entendre. Classique.

Au-delà de tout ça, ce que j’ai préféré dans ce film, c’est la mise en scène des rapports entre sœurs. Entre haine et amour. Elles se détestent, elles s’adorent. Elles sont toujours ensemble. Elles ne voudraient plus se voir. Tantôt rivales, tantôt complices, elles se reconnaissent aussi bien dans leurs différences que dans leurs ressemblances. Elles sont deux, elles sont seules entre une mère et un père pas très attentifs ni très attentionnés. Jeux de miroirs, de miroirs inversés. On ne sait jamais trop, mais ce que j’en pense, c’est que c’est plein de justesse là encore.

Niveau scénario, par contre, c’est pas top car franchement, il ne se passe pas grand-chose et l’histoire tient vraiment en deux lignes. Pas beaucoup d’évènements, beaucoup de scènes du quotidien qui s’enchaînent. Beaucoup de lenteurs aussi. De scènes apriori inutiles, notamment le long voyage du retour en voiture, qui aurait pu être raccourci tant il n’apporte rien, mais absolument rien à l’histoire. La scène de sexe arrive au bout d’une heure pile poil (dieu sait qu’on l’attendait !!!) et frappe par son réalisme (l’acteur a vraiment une érection et on le voit bien enfiler la capote, comme si on y était quoi…). Mais cela ne m’a guère étonnée plus que ça, ayant vu plusieurs films de la réalisatrice (Une ville maîtresse, Anatomie de l’enfer, Romance) qui évoquaient sans détour les rapports sexuels. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’avec le sexe, la Breillat ne fait pas de chichis ! De plus, j’ai trouvé que ce film avait une image un peu vieillotte. Certes, il a 10 ans mais il a un aspect suranné, visuellement parlant, qui m’a un peu gêné (à moins que ce soit moi qui m’imagine des trucs). Bref, tout ça pour dire que ce n’est pas très récent et que ça se sent. Les dialogues m’ont parfois paru un peu théâtraux. Le ton, les mots des personnages décalés, trop emphatiques et pas du tout en phase avec la banalité des scènes exposées. J’ai détesté le personnage de l’Italien, parce que c’est un con et aussi parce que l’acteur avait trop d’accent à mon goût, je n’ai pas toujours compris ce qu’il racontait. Et puis la fin du film qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Qui n’est pas réaliste. Qui est trop bizarre. J’ai cru un instant qu’il s’agissait d’un rêve d’Anaïs, la réalisation d’un fantasme longuement médité. Mais non, tout cela est bien vrai et nous laisse sur le cul, mais pas vraiment dans le bon sens du terme…

À ma sœur ! est tour à tout subtil, pervers, voyeur, doux et limite mélancolique. Impossible de dire que j’ai détesté. Impossible de dire que j’ai aimé. Je reste partagée entre deux sentiments.

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2 comments

  1. zofia says:

    En lisant le début de ta critique, je me demandais pourquoi tu avais seulement mis 2,5 car je trouvais ton avis plutôt positif. Mais là, je comprends mieux. C’est une note moyenne comme ton sentiment qui n’est pas départagé. Bon par contre, je n’ai pas trop envie de voir ce film, principalement à cause de la relation entre les deux sœurs…
    Tu verras dans ma lettre (postée hier, un roman ^^) que j’ai pris une grande décision : ne plus parler de ma sœur, et donc je fuis tout ce qui peut me rappeler ma douloureuse relation d’avec elle… Ca fait un peu mélo mais j’essaye de me sauver !

  2. petiteconne says:

    En effet, c’est un film un peu aride mais cependant intéressant… Difficile de donner un note à ce genre d’œuvre…

    Hum c’est sur que cette relation entre soeurs n’est pas très très harmonieuse mais je ne pense pas que tu t’y serai retrouvée car leur situation est assez différente de celle que tu vis… ajouté au fait que ni toi ni ta soeur ne soyez le vilain petit canard de la famille.

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