Critique Là où vivent les loups, Laurent Guillaume

Publié aux éditions Denoël le 7 juin 2018, Là où vivent les loups est un polar écrit par Laurent Guillaume. S’il s’est lancé dans l’écriture de romans en 2012, l’auteur sait de quoi il parle puisqu’il a justement évolué dans le milieu de la police, en France et en Afrique.

L’auteur (photo récupérée sur le site de l’éditeur)

Résumé éditeur

Le train arrive dans la petite gare de Thyanne, terminus de la ligne. Priam Monet descend pesamment d’un wagon. Presque deux mètres pour un bon quintal et demi, mal sapé et sentant le tabac froid, Monet est un flic misanthrope sur la pente descendante. Son purgatoire à lui c’est d’être flic à l’IGPN, la police des polices. Sa mission : inspecter ce petit poste de la police aux frontières, situé entre les Alpes françaises et italiennes. Un bled improbable dans une vallée industrieuse où les règles du Far West ont remplacé celles du droit. Monet n’a qu’une idée en tête, accomplir sa mission au plus vite, quitte à la bâcler pour fuir cet endroit paumé.
Quand on découvre dans un bois le cadavre d’un migrant tombé d’une falaise, tout le monde pense à un accident. Pas Monet. Les vieux réflexes ont la peau dure, et le flic déchu redevient ce qu’il n’a cessé d’être : un enquêteur perspicace et pugnace. La victime était-elle un simple migrant? Qui avait intérêt à la faire disparaître? Quels lourds secrets cache la petite ville de Thyanne? Monet va rester bien plus longtemps que prévu.

Mon avis

Je ne vais pas garder le suspens plus longtemps : Là où vivent les loups n’a pas été un coup de cœur mais n’en a pas moins été une excellente lecture. Comme souvent, en ce moment, je manque cruellement de temps et mon rythme de lecture en souffre. Je n’en ai pas moins dévoré ce roman en deux jours. C’est qu’il était forcément prenant !

En effet, dès les premières pages, quand Priam arrive à la gare, j’ai su que le roman allait me plaire. Pour son ton et son écriture, qui m’ont d’emblée beaucoup plu mais également pour son ambiance et son décor sans oublier ce personnage principal absolument inoubliable.

Immense, Priam Monet est obèse, parisien jusqu’au bout des ongles et sacrément râleur. S’il est malin, il est à peu près l’antithèse du super flic hyper athlétique qui crapahute de partout. Marcher deux cent mètres le saoule. Il déteste la nature. Il n’a pas envie de faire semblant de s’intéresser aux gens alors qu’il s’en fout… (ou dit s’en foutre).

On s’en doute : débarquer dans un coin perdu de montagne, près de la frontière italienne n’est pas franchement une partie de rigolade pour lui d’autant plus qu’on est pas franchement super content de le voir arriver et pour cause : Priam fait partie de la police des polices. En gros, il vient vérifier si tout se passe bien dans le coin. L’affaire de quelques jours et il espère repartir aussi sec.

Sauf qu’un meurtre va le retenir. Migrant ? Pas migrant ? Dans ce cas, qui est cet homme retrouvé sans vie dans la forêt ?

Priam Monet va devoir se mettre sur le coup, s’adapter aux mœurs et au fonctionnement du coin qui n’ont évidemment rien à voir avec l’univers parisien auquel il est habitué.

L’intrigue en elle-même est étonnante car n’a finalement que peu à voir avec l’idée que l’on peut s’en faire en ouvrant le roman. L’auteur nous offre une belle peinture montagnarde et nous plonge dans l’histoire d’une petite ville où tout le monde se connait et où les intérêts des uns font souvent le malheur des autres et inversement. Dans ce milieu totalement enclavé, où quelques hommes tiennent l’économie locale entre leurs mains, il est parfois difficile, voire impossible de déterrer certains secrets et d’avoir accès à la vérité.

En quelques mots,

Porté par un personnage principal détestable et à la fois, extrêmement attachant, Là où vivent les loups est un polar bien écrit, bien mené, au déroulement et au dénouement très réalistes. J’ai aimé qu’il n’y ait aucun temps morts et que le roman reste rythmé et intéressant de la première à la dernière page. C’est assez rare pour être souligné.

3 comments

  1. Apreslaverse says:

    En lisant vos critiques, je réalise que Zofia et toi vous avez des goûts super éclectiques ! Ca m’impressionne à chaque fois ! L’histoire a l’air chouette mais ce n’est pas le genre de livre qui me plaît (je suis une chochotte des trucs qui font peur, aussi les polars ne m’ont jamais attirée). (j’entends par « trucs qui font peur » les films interdits aux moins de 12 ans – je passe à côté de beaucoup de choses :))
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